Le sous-test Raisonnement et argumentation réunit deux familles d'exercices. D'un côté, le raisonnement logique : syllogismes, déductions, petits problèmes de placement où il faut conclure exactement ce que les prémisses permettent - ni plus, ni moins. De l'autre, l'argumentation : analyser un raisonnement, isoler sa conclusion, débusquer son hypothèse implicite, dire ce qui le renforce ou l'affaiblit. Dans les deux cas, le mot d'ordre est le même : interdiction d'extrapoler.
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Questions en 20 minutes
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Familles : déduction et argumentation
80 s
Par question en moyenne
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Connaissance extérieure admise
Syllogismes : ce qu'on peut déduire, ce qu'on ne peut pas
| Affirmation de départ | Déductions valides... et pièges |
| Tous les A sont B | Valide : un élément qui n'est pas B n'est pas A (contraposée). Piège : en conclure que tous les B sont A (réciproque non valide). |
| Certains A sont B | Valide : certains B sont A. Piège : en conclure quoi que ce soit sur « tous les A ». |
| Aucun A n'est B | Valide : aucun B n'est A. Piège : en tirer une conclusion sur les non-A. |
| Négation de « tous les A sont B » | C'est « au moins un A n'est pas B » - et non « aucun A n'est B ». |
La contraposée, votre meilleur outil
« Si A, alors B » équivaut exactement à « si non-B, alors non-A ». C'est la seule transformation toujours valide. La réciproque (« si B, alors A ») et l'inverse (« si non-A, alors non-B ») ne sont JAMAIS des déductions légitimes.
Exemple corrigé : le piège de la réciproque
Énoncé : « Tous les candidats admis ont rendu un dossier complet. Paul a rendu un dossier complet. » Peut-on conclure que Paul est admis ? Non. La règle dit : admis ⇒ dossier complet. Paul vérifie la conséquence, pas la condition : rien ne permet de conclure sur son admission. La seule déduction valide à partir de cette règle est la contraposée : un candidat dont le dossier est incomplet n'est pas admis. Confondre une implication avec sa réciproque est LE piège le plus fréquent du sous-test.
Argumentation : disséquer avant de juger
Un argument se compose de prémisses (les faits avancés), d'une conclusion, et presque toujours d'une hypothèse implicite : le pont non formulé qui relie les faits à la conclusion. Les questions types - « qu'est-ce qui affaiblit ce raisonnement ? », « sur quelle hypothèse repose-t-il ? » - se résolvent toutes en identifiant ce pont. Renforcer un argument, c'est consolider le pont ; l'affaiblir, c'est montrer qu'il peut céder, notamment en proposant une explication alternative des mêmes faits.
Exemple corrigé : l'hypothèse implicite
Argument : « Les ventes de vélos ont doublé à Paris en cinq ans ; les Parisiens se soucient donc davantage de l'environnement. » Hypothèse implicite : l'achat d'un vélo est motivé par des préoccupations environnementales. Affaiblissement efficace : montrer une autre cause plausible du même fait (grèves de transports, économies, engouement sportif). On n'a pas contesté le fait - les ventes ont bien doublé - on a cassé le pont entre le fait et la conclusion.
Jugez l'argument de l'intérieur
Que la conclusion vous paraisse vraie ou fausse dans la réalité n'a aucune importance. On évalue la solidité du lien entre prémisses et conclusion, pas la vérité de la conclusion. Vos connaissances et opinions personnelles sont hors sujet.
- 01
Traduire l'énoncé
Reformulez chaque prémisse en langage logique simple : « si... alors... », « tous », « certains », « aucun ». Un schéma ou une flèche sur le brouillon évite la plupart des confusions.
- 02
Identifier ce qui est demandé
Conclusion certaine ? Hypothèse implicite ? Renforcement ? Affaiblissement ? Chaque type de question a sa grille : ne les mélangez pas.
- 03
Tester chaque proposition
Une conclusion n'est valide que si elle est vraie dans TOUS les cas compatibles avec les prémisses. Trouver un seul contre-exemple suffit à éliminer une proposition.
- 04
Se méfier du vraisemblable
La mauvaise réponse type est plausible, conforme au bon sens... et non déductible. À l'inverse, la bonne réponse peut sembler plate : c'est souvent la plus prudente.
À éviter
- Déduire la réciproque d'une implication.
- Nier « tous » par « aucun ».
- Juger un argument avec ses opinions personnelles.
- Choisir la conclusion la plus riche plutôt que la plus certaine.
À installer
- Utiliser systématiquement la contraposée.
- Chercher le contre-exemple qui élimine une proposition.
- Identifier l'hypothèse implicite de chaque argument.
- Préférer la conclusion prudente, strictement déductible.
En raisonnement, la bonne réponse n'est pas la plus intéressante : c'est la seule qui survit à tous les contre-exemples.
- Je sais que la réciproque d'une implication n'est jamais une déduction valide.
- Je maîtrise la contraposée : « si A alors B » = « si non-B alors non-A ».
- Je sais nier « tous les A sont B » : « au moins un A n'est pas B ».
- Je cherche l'hypothèse implicite de chaque argument.
- J'affaiblis un argument en proposant une explication alternative.
- Je laisse mes opinions à la porte de l'épreuve.
Qui a écrit cette fiche ?
Par l'équipe pédagogique Aurlom, fondée par Franck Attelan, auteur de La Bible du Tage Mage.
Pour situer votre niveau et fixer votre objectif, consultez notre page repère : Score Tage Mage : moyenne, barème et objectifs par école.
FAQ
On vous répond
Quelle est la différence entre raisonnement et argumentation dans ce sous-test ?
Le raisonnement porte sur la déduction formelle : syllogismes, implications, problèmes logiques où l'on conclut exactement ce que les prémisses permettent. L'argumentation porte sur l'analyse de raisonnements rédigés : conclusion, hypothèse implicite, renforcement, affaiblissement.
Qu'est-ce que la contraposée et pourquoi est-elle si importante ?
La contraposée de « si A alors B » est « si non-B alors non-A ». C'est la seule transformation logiquement équivalente à l'implication de départ, donc le seul réflexe toujours sûr. La réciproque et l'inverse, elles, sont des pièges récurrents.
Comment affaiblir un argument au TAGE MAGE ?
En cassant le lien entre les faits et la conclusion, le plus souvent grâce à une explication alternative des mêmes faits. Contester la conclusion elle-même ou apporter une opinion contraire ne constitue pas un affaiblissement valide.
Faut-il des connaissances en logique formelle pour réussir ?
Non. Une dizaine de règles suffisent : implication, contraposée, quantificateurs (tous, certains, aucun) et leurs négations. L'essentiel du travail consiste à s'entraîner à les appliquer vite, sans se laisser détourner par le vraisemblable.
