Études de santé : le guide 2026 pour choisir un métier qui tient 40 ans.
Panorama chiffré du secteur, cinq grandes familles de métiers, voies d'accès expliquées et 14 fiches métiers approfondies - conçues pour être lues en famille et remplacer les idées reçues par des faits.
Un secteur en tension historique
Le fait majeur qui domine toute réflexion d'orientation vers la santé : la France manque massivement de professionnels et ce déficit va durer au moins vingt ans. Pour un jeune qui entre dans la vie active entre 2027 et 2032, il n'y aura pas de chômage dans la santé. La vraie question devient : « dans quelles conditions vais-je exercer, et comment durer ? »
La carte des métiers : cinq grandes familles
Plus de 200 métiers composent la santé. Pour s'orienter, il faut d'abord comprendre la structure du secteur.
Professions médicales
Médecin, sage-femme, dentiste, pharmacien
Diagnostic et prescription. Études longues (5 à 12 ans), première année sélective, revenus élevés, responsabilité maximale.
Professions de soins
Infirmier, aide-soignant, auxiliaire de puériculture
Le cœur battant du système. Formations de 1 à 3 ans, insertion immédiate, pénibilité réelle, évolutions nombreuses.
Professions de rééducation
Kiné, orthophoniste, ergo, psychomot, orthoptiste, podologue
Restaurer les capacités. Exercice libéral fréquent, listes d'attente partout, sélectivité variable à l'entrée.
Médico-technique & appareillage
Manip radio, technicien de labo, opticien, audio, prothésiste dentaire, ambulancier
La santé par la technique. Formations courtes (BTS, DE en 2-3 ans), débouchés excellents et méconnus.
Coordination & administratif
Secrétaire médicale, assistant médical, gestionnaire SP3S, cadres
Faire fonctionner le système sans soigner directement. Segment en croissance rapide, accessible par BTS et alternance.
Les voies d'accès : quel chemin pour quel métier ?
Les portes d'entrée sont radicalement différentes selon les métiers, et beaucoup d'échecs d'orientation viennent d'une méconnaissance de ces mécanismes.
| Voie d'accès | Durée | Sélectivité | Exemples de métiers |
|---|---|---|---|
| Sans bac (IFAS, DEAP, DEA) | 5 à 12 mois | Modérée (dossier + entretien) | Aide-soignant, auxiliaire de puériculture, ambulancier |
| BTS (souvent en alternance) | 2 ans | Modérée | Opticien, diététicien, technicien de labo, SP3S |
| Parcoursup direct (DE 3 ans) | 3 ans | Variable à forte | Infirmier, manipulateur radio, ergothérapeute |
| Parcoursup très sélectif (DE/CC 3-5 ans) | 3 à 5 ans | Très forte | Orthophoniste, audioprothésiste, psychomotricien |
| PASS/LAS puis études longues | 5 à 12 ans | Extrême en 1re année | Médecin, dentiste, pharmacien, sage-femme, kiné |
Une voie unique d'accès remplacera PASS et LAS à la rentrée 2027 pour les filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie).
Les BTS santé (Opticien, Diététique, ABM, SP3S) offrent un métier réglementé en 2 ans, gratuit en alternance et rémunéré - le meilleur rapport effort/résultat pour un ST2S, STL ou général qui refuse le concours-couperet.
AS → IDE : la voie aide-soignant vers infirmier est la plus empruntée du système. Formation continue gratuite, financée par l'employeur.
Le diagramme des parcours d'admission
Réponse courte : après le bac, cinq portes d'entrée principales mènent aux métiers de santé - PASS, L.AS, IFSI, écoles paramédicales, et certaines L1 STAPS ou biologie ouvrant l'accès kiné selon l'université. Toutes passent par Parcoursup ; les règles d'admission finales restent locales.
si admission
si admission
paramédical
si admission
Schéma reflétant les règles nationales : les modalités précises d'évaluation restent ensuite locales, université par université ou institut par institut. Sources : Ministère, Parcoursup, Onisep.
Panorama détaillé des filières
| Filière | Voie d'accès | Durée typique | Diplôme visé | Remarque clé |
|---|---|---|---|---|
| Médecine | PASS ou L.AS | 10 à 12 ans | DE de docteur en médecine | Externat puis internat structurants |
| Pharmacie | PASS ou L.AS | 6 à 10 ans | DE de docteur en pharmacie | Officine, industrie, hôpital, biologie |
| Odontologie | PASS ou L.AS | 6 à 9 ans | DE de docteur en chirurgie dentaire | Forte technicité et pratique clinique |
| Maïeutique | PASS ou L.AS | 6 ans (rentrée 2024) | DE de docteur en maïeutique | Réforme récente, auparavant bac+5 |
| Kinésithérapie | PASS, L.AS ou L1 STAPS/biologie | 5 ans | DE de masseur-kinésithérapeute | Accès territorialement variable |
| Infirmier | Parcoursup en IFSI | 3 ans (6 semestres) | DE infirmier, grade licence | 4 620 h - réforme IFSI 2026 |
| Orthophonie | Parcoursup / université | 5 ans | Certificat de capacité | Forte sélectivité |
| Orthoptie, ergothérapie, manip radio, psychomotricité | Parcoursup, parfois après année universitaire | 3 à 5 ans | DE ou certificat | Très professionnalisant |
| Pédicure-podologie, audioprothèse | Parcoursup | 3 ans | DE | Débouchés stables, technique |
| Aide-soignant, auxiliaire de puériculture | Sélection paramédicale | 1 an | DE | Insertion rapide |
| Ambulancier | Sélection paramédicale | ≈ 801 heures | DE | Voie courte, terrain concret |
Chiffres 2025 : la sélectivité réelle du PASS et de la L.AS
Réponse courte : sur la cohorte 2022 suivie par la note SIES 2025, 40,05 % des étudiants inscrits en PASS ou L.AS ont intégré une filière MMOPK après une ou deux années. L'écart PASS/L.AS est marqué, surtout en médecine.
Taux d'admission par filière, cohorte 2022
| Filière visée | Taux global | Réussite PASS | Réussite L.AS |
|---|---|---|---|
| Médecine | 24,15 % | 29,43 % | 14,05 % |
| Pharmacie | 6,54 % | 8,1 % | 3,7 % |
| Kinésithérapie | 4,24 % | 4,3 % | 4,1 % |
| Odontologie | 3,12 % | 3,9 % | 1,6 % |
| Maïeutique | 2,00 % | 2,4 % | 1,2 % |
Volume et répartition territoriale (DREES 2024)
L'Île-de-France concentre le plus gros volume d'entrants, devant Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France. Selon la région, il est plus facile de trouver un IFSI, un IFMK ou une école paramédicale de proximité - mais plus difficile d'obtenir la filière exacte désirée.
Calendrier Parcoursup 2026 pour les études de santé
Réponse courte : ouverture de la carte le 17 décembre 2025, vœux du 19 janvier au 12 mars 2026, confirmation avant le 1er avril 2026 à 23h59, phase principale le 2 juin, complémentaire le 11 juin. Pour l'IFSI : jusqu'à trois groupements d'instituts sans sous-vœux décomptés.
- 0117 déc. 2025Ouverture de la carte des formations
Consultation des attendus, capacités et statistiques d'admission de chaque formation Parcoursup.
- 0219 janv. → 12 mars 2026Inscription et formulation des vœux
Jusqu'à 10 vœux principaux, sous-vœux non décomptés pour IFSI (dans 3 groupements maximum).
- 031er avril 2026 · 23h59Confirmation des vœux et du dossier
Lettre de motivation par vœu, projet de formation motivé, pièces justificatives.
- 042 juin 2026Ouverture de la phase principale d'admission
Premières réponses des formations : oui, oui-si, en liste d'attente ou non.
- 0511 juin 2026Phase complémentaire
Formulation de nouveaux vœux pour les formations qui disposent encore de places.
Effectifs des professionnels de santé et insertion (DREES)
Réponse courte : le vivier professionnel est large mais insuffisant. Au 1er janvier 2025, la France compte 237 200 médecins, 74 600 pharmaciens, 47 600 chirurgiens-dentistes, 25 800 sages-femmes, et 104 200 kinésithérapeutes (chiffres 2024). Côté soins, près de 600 000 infirmières en emploi en 2021, avec une projection dépassant 820 000 en 2050 dans le scénario tendanciel DREES - une demande qui restera durablement supérieure à l'offre.
| Profession | Effectif | Précision |
|---|---|---|
| Médecins en activité | 237 200 | Au 1er janvier 2025 · +1,9 %/an mais 6 000 postes hospitaliers non pourvus |
| Pharmaciens | 74 600 | Officine, hôpital, industrie, biologie médicale |
| Chirurgiens-dentistes | 47 600 | Forte concentration urbaine, tensions en zones rurales |
| Sages-femmes / maïeuticiens | 25 800 | DE de docteur en maïeutique depuis la rentrée 2024 |
| Masseurs-kinésithérapeutes | 104 200 | Au 1er janvier 2024 · exercice majoritairement libéral |
| Infirmières / infirmiers | ≈ 600 000 | En emploi en 2021 · projection DREES : > 820 000 en 2050 (scénario tendanciel) |
Sources : DREES, démographie des professionnels de santé au 1er janvier 2024 et 2025 ; DREES Méthodes sur les infirmières et aides-soignantes ; projection infirmière à l'horizon 2050.
Rémunérations d'entrée par filière
Réponse courte : les repères ci-dessous croisent les fiches Onisep (débuts de carrière dans la fonction publique hospitalière) et le MétierScope France Travail (plages salariales couvrant 80 % des offres). Les revenus en libéral sont volontairement exclus des plages : ils dépendent trop fortement de la zone d'installation, de la patientèle et de l'organisation du cabinet.
| Métier · statut | Rémunération brute | Source |
|---|---|---|
| Médecin spécialiste hospitalier · débutant | ≥ 4 081 € brut/mois | Onisep · grilles FPH hors primes de garde |
| Médecin urgentiste · débutant | ≥ 4 565 € brut/mois | Onisep · FPH avec sujétions |
| Pharmacien (toutes offres) | 3 000 - 5 833 € brut/mois | France Travail · 80 % des offres |
| Pharmacien d'officine salarié débutant | 3 620 - 5 800 € | Onisep |
| Chirurgien-dentiste FPH | ≥ 4 634 € brut/mois | Onisep · ≈ 4 000 € en libéral début de carrière |
| Sage-femme (offres) | 2 200 - 3 333 € brut/mois | France Travail · Onisep : 2 264 € FPH début |
| Kinésithérapeute (offres) | 2 296 - 3 185 € brut/mois | France Travail · Onisep : 2 040 € début selon statut |
| Infirmier (offres) | 2 061 - 2 950 € brut/mois | France Travail · Onisep : ≥ 1 890 € FPH début |
| Ergothérapeute débutant | ≈ 2 667 € brut/mois | Onisep · statut public hors primes |
Coût réel des études et indicateurs à croiser
Réponse courte : dans le public, les droits d'inscription sont plafonnés (≈ 175 € en licence, ≈ 250 € en master) et la CVEC s'élève à 105 € en 2026-2027. Le coût réel provient du logement, de la mobilité, de la durée cumulée d'études et, parfois, du choix d'établissements privés (ostéopathie, chiropraxie, certaines écoles paramédicales : 6 000 à 10 000 € par an).
Quels indicateurs croiser pour choisir une faculté ?
Le ministère ne publie pas de palmarès officiel unique des facultés de santé. Le réflexe rigoureux consiste à croiser plusieurs indicateurs plutôt que de suivre un seul classement privé.
| Indicateur | Ce qu'il mesure | Ce qu'on peut en tirer |
|---|---|---|
| Capacités et attendus Parcoursup | Taille des promotions, attendus, organisation locale PASS/L.AS/IFSI | Le meilleur indicateur opérationnel pour candidater |
| Note SIES sur la réussite en santé | Réussite réelle des cohortes PASS/L.AS | Indicateur de sélectivité et de structure de sortie |
| Shanghai 2025 · classement général | Puissance de recherche universitaire | Paris-Saclay reste 1re université française au classement global |
| Shanghai · thématique pharmacie | Recherche disciplinaire en sciences pharmaceutiques | Université Paris Cité met en avant sa 1re place française |
| Palmarès du Point 2025 · hôpitaux publics | Performance hospitalière selon la méthodologie du magazine | Toulouse, Bordeaux et Lille en tête · utile pour l'environnement hospitalier, pas pour juger seul une formation |
Règles PASS, L.AS, IFSI et kiné : ce qu'il faut avoir compris avant les vœux
Réponse courte : quatre règles techniques concentrent l'essentiel des erreurs d'orientation observées en Terminale. Les rappeler noir sur blanc avant de formuler ses vœux Parcoursup fait gagner un an de trajectoire à beaucoup de lycéens.
Majeure santé + mineure hors santé, ≥ 60 ECTS, pas de redoublement
Le PASS n'existe que dans les universités dotées d'une UFR de santé. Il combine une majeure santé et une mineure hors santé, totalise au moins 60 ECTS, et ne se redouble pas. En cas de non-admission MMOPK, réorientation en L2 d'une autre licence ou passage en L.AS selon l'organisation locale.
Une vraie licence + option santé, candidature possible en L1, L2 ou L3
La L.AS avance d'abord dans une vraie licence majeure (droit, éco, biologie, psycho, STAPS...). L'étudiant peut candidater à la santé en L1, L2 ou L3 selon l'organisation locale, après validation des ECTS santé. Réorientation "sans perte de temps" en cas de non-admission - argument majeur de la réforme.
Toutes les L1 STAPS ou biologie n'ouvrent pas l'accès kiné
Règle souvent mal comprise : PASS, L.AS, STAPS, biologie et sciences n'ouvrent pas systématiquement un accès à un IFMK. Lire la fiche Parcoursup de la formation ciblée est indispensable. Onisep recommande STAPS ou biologie aux profils très portés sur le sport et le vivant, L.AS aux élèves solides dans une autre discipline, PASS aux hésitants entre kiné et autres MMOPK.
Sans concours, sur dossier, trois groupements maximum
L'entrée en formation initiale se fait sans concours, par examen de dossier Parcoursup (résultats, motivation, compétences relationnelles, expériences dans le sanitaire ou le médico-social). Un test d'auto-positionnement obligatoire confirme le vœu IFSI mais n'entre pas dans la sélection. Un candidat peut viser trois groupements d'IFSI au maximum ; les sous-vœux internes à un groupement ne sont pas décomptés.
Approfondir : les deux dossiers clés
Deux décisions concentrent l'essentiel des interrogations des lycéens et de leurs parents. Chacune a sa page dédiée, avec les chiffres, les règles Parcoursup et la stratégie recommandée par profil.
PASS ou L.AS : le comparatif complet 2026
Taux de réussite chiffrés par filière, règles de redoublement, mineure de secours, recommandations selon le profil scolaire, coût réel et plan B crédible.
Lire le dossierIFSI Parcoursup 2026 : réforme, groupements, débouchés
Nouveau cursus 6 semestres / 4 620 heures / grade licence, règles des groupements Parcoursup, test d'auto-positionnement, grille salariale et perspectives DREES 2050.
Lire le dossierQuatorze fiches métiers approfondies
Chaque fiche suit la même grille d'analyse : quotidien réel, accès, rémunération, forces / faiblesses / opportunités / menaces, qualités requises, verdict d'orientation. Cliquez pour déplier.
Les grandes forces qui redessinent les métiers
Le vieillissement : la lame de fond
D'ici 2040, la France comptera plus de 4 millions de personnes de plus de 85 ans. Chaque année de vie gagnée se traduit par des besoins en soins, en rééducation, en accompagnement, en appareillage. C'est la garantie structurelle d'activité de quasiment tous les métiers de ce guide - et un choix de société : les métiers du grand âge (AS, ergo, IDE à domicile) seront au cœur des politiques publiques des vingt prochaines années.
Les déserts médicaux : une contrainte qui devient une opportunité
Avec 87 % du territoire en fragilité médicale, la lecture stratégique est contre-intuitive mais essentielle : les zones en tension sont les meilleures zones d'installation. Primes (jusqu'à 50 000 € pour un médecin), locaux offerts, exonérations fiscales, patientèle immédiate, coût de la vie inférieur - et une reconnaissance sociale que les métropoles saturées n'offrent plus.
L'IA : alliée des soignants, pas remplaçante
L'IA excelle dans l'analyse d'images, la rédaction de comptes-rendus et l'automatisation administrative - précisément les tâches qui dévorent 25 à 35 % du temps des professionnels selon la DREES. Ce qu'elle ne fait pas et ne fera pas : toucher un patient, poser une perfusion, rééduquer une épaule, rassurer une famille, décider dans l'incertitude d'une situation humaine complexe.
Le bon réflexe : l'IA ne remplace pas le soignant ; le soignant qui utilise l'IA remplacera celui qui ne l'utilise pas. Des DU « IA en médecine » existent déjà.
La montée en compétences : l'ascenseur interne du système
La pénurie de médecins pousse le système à transférer des compétences vers les autres professions. Pharmaciens qui vaccinent et dépistent, opticiens qui adaptent les ordonnances, kinés en accès direct. Et surtout, l'infirmier en pratique avancée (IPA) : master 2 ans après 3 ans d'exercice, consultations propres, prescriptions, accès direct des patients depuis mars 2026, avec 70 000 à 90 000 € brut/an en libéral. Le métier choisi à 18 ans n'est pas celui exercé à 35 ans.
S'épanouir durablement : la question que trop peu de familles posent
Regarder la difficulté en face
41 % du personnel hospitalier présente des symptômes d'anxiété ou de dépression (2,5 fois la population active), 39 % ont déjà dû s'arrêter pour motif psychologique, agressions +65 % entre 2020 et 2023. Pourquoi le dire ? Parce que la connaissance du risque est la première protection. Les soignants qui s'abîment sont massivement ceux qui subissent leur trajectoire. Les orthophonistes libéraux, manipulateurs radio, opticiens, sages-femmes libérales, ergos en équipe mobile décrivent majoritairement des équilibres satisfaisants : la souffrance n'est pas dans « la santé », elle est dans certaines organisations du travail.
Les cinq règles pour durer et s'épanouir
Vérifier avant de s'engager
Un stage d'observation (même 3 jours), un service civique, un job d'été d'agent hospitalier valent mieux que cent brochures. Les 22 % d'abandons en IFSI sont presque tous des découvertes tardives de la réalité.
Penser trajectoire, pas poste
AS → IDE → IPA ou libéral ; manipulateur → dosimétriste. Ceux qui durent sont ceux qui bougent : changer de service tous les 4 à 6 ans est un facteur documenté de protection contre l'usure.
Choisir son employeur comme on choisit son métier
Deux EHPAD, deux cliniques, deux services de CHU peuvent offrir des conditions radicalement différentes à métier identique. Un secteur en pénurie donne au candidat le pouvoir d'exiger des réponses.
Protéger la frontière vie pro / vie perso
Sas de décompression (sport, groupes de parole, supervision), signaux d'alerte du burn-out connus dès la formation, demander de l'aide tôt.
Garder une compétence rare
Spécialisation (plaies, kiné vestibulaire, IRM cardiaque), double compétence (soin + numérique, soin + management), exercice mixte (salariat + libéral).
Ce que la santé donne - le versant lumineux
Le sens, d'abord : l'utilité n'y est pas un slogan, elle est vécue chaque jour. La sécurité : immunité au chômage presque unique. La reconnaissance sociale, réelle. La diversité des exercices : peu de diplômes permettent, comme le DE infirmier, de travailler en réa, sur un bateau humanitaire, dans une école, une entreprise ou son propre cabinet. Et l'intensité humaine : ceux qui exercent depuis vingt ans le disent presque tous - on y vit plus de vraie vie en une semaine que dans bien des open spaces en un an.
La méthode de décision : sept questions honnêtes
Ce tableau ne remplace pas la réflexion : il la structure. À utiliser en famille, crayon en main.
- 01
Quel est mon rapport réel au corps malade ? (Sang, plaies, odeurs, toilette, mort : à tester en stage.)
- 02
Combien d'années d'études suis-je honnêtement prêt(e) à investir ? (Viser une durée soutenable.)
- 03
Ai-je besoin d'un cadre (salariat) ou d'une liberté (libéral) ? (Le même métier change du tout au tout.)
- 04
Quel rythme de vie est-ce que je veux à 30 ans ? (Nuits et week-ends = premier facteur d'usure.)
- 05
Où suis-je prêt(e) à vivre ? (La mobilité est le levier n°1 de revenus et de conditions.)
- 06
Quel est mon plan B intelligent ? (Pas par dépit : LAS pertinente, passerelle AS→IDE, BTS avec poursuite.)
- 07
Qu'est-ce qui me fera tenir dans 15 ans ? (Sens ? Technique ? Gens ? Revenu ? Autonomie ?)
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement PASS ou LAS pour un métier de santé ?
Non. PASS/LAS ne concernent que médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie (MMOPK). L'infirmier, le manipulateur radio, l'ergothérapeute, l'orthophoniste, l'opticien ou le technicien de labo passent par d'autres voies (Parcoursup direct, BTS, DE spécifiques).
Quels sont les métiers de la santé qui recrutent le plus en 2026 ?
Aides-soignants (290 000 postes d'ici 2030), infirmiers (50 000 postes vacants), médecins (6 000 postes hospitaliers non pourvus), pharmaciens (80 % de tension), manipulateurs radio, audioprothésistes et kinésithérapeutes.
Peut-on faire des études de santé en alternance ?
Oui, notamment via les BTS (Opticien-Lunetier, Diététique, Analyses de Biologie Médicale, SP3S) et les formations d'aide-soignant, d'auxiliaire de puériculture et d'assistant médical. Formation gratuite et rémunérée pour l'étudiant.
Qu'est-ce qui change avec la réforme PASS/LAS de 2027 ?
Une voie unique d'accès remplacera PASS et LAS à la rentrée 2027 pour les filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie), avec un rééquilibrage des chances entre parcours.
L'intelligence artificielle va-t-elle supprimer des métiers de la santé ?
Non pour les métiers du geste et de la relation (l'essentiel du secteur). L'IA rend du temps clinique en automatisant les tâches administratives et l'analyse d'images. Les métiers exposés sont la saisie pure : viser la coordination et la relation.
Faut-il absolument choisir PASS pour réussir médecine ?
Non. Le PASS reste statistiquement plus favorable pour l'accès à la médecine (29,43 % de réussite après une ou deux années pour la cohorte 2022, contre 14,05 % en L.AS), mais la L.AS est plus sûre pour un profil excellent dans une discipline hors santé qui veut préserver une vraie trajectoire de secours. Le bon choix dépend du profil scolaire, pas d'un mot-clé magique.
Peut-on redoubler la première année de santé ?
En PASS, non - le redoublement n'est pas autorisé. En L.AS, la logique est différente : on poursuit dans sa licence majeure et l'on peut candidater à nouveau à la santé après validation de l'année suivante, ce qui sécurise mieux la réorientation.
Combien de vœux d'IFSI peut-on formuler sur Parcoursup ?
Un candidat peut formuler des vœux dans trois groupements d'IFSI au maximum. Les sous-vœux au sein d'un même groupement ne sont pas décomptés comme des sous-vœux ordinaires, ce qui autorise une stratégie territoriale plus large.
Y a-t-il un classement officiel des meilleures facultés de santé ?
Non. Le ministère publie des capacités et des résultats, pas de palmarès unique. Le bon réflexe consiste à croiser capacités Parcoursup, taux de réussite locaux PASS/L.AS, adossement à un CHU, environnement de recherche et dispositifs de réorientation - plutôt que de s'appuyer sur un seul classement privé.
Quel est le coût réel d'une année d'études de santé dans le public ?
Les droits nationaux d'inscription sont plafonnés (environ 175 € en licence) et la CVEC s'élève à 105 € en 2026-2027. Le coût principal est donc le logement, la mobilité et les fournitures - non les frais de scolarité. Les écoles paramédicales privées et certaines filières hors Parcoursup (ostéopathie, chiropraxie) peuvent en revanche coûter 6 000 à 10 000 € par an.
Sources et repères chiffrés
Enquête Besoins en Main-d'Œuvre (BMO) de France Travail 2026 ; France Stratégie / DARES (projections Métiers 2030) ; DREES et INSEE (salaires FPH, démographie des professions) ; Atlas de la démographie médicale du Conseil national de l'Ordre des médecins (mars 2026) ; baromètres FHF-Ipsos sur l'accès aux soins (2026) ; Observatoire MNH-Odoxa sur la santé mentale des professionnels de santé (2025) ; données Parcoursup (open data) ; conventions collectives et grilles indiciaires en vigueur. Les fourchettes de rémunération sont des ordres de grandeur et varient selon la région, l'ancienneté, l'établissement et le mode d'exercice.
