Études de A à Z

    Étudier en Bachelor en France

    Le mot bachelor recouvre des réalités très différentes. La bonne décision ne se joue pas sur le nom commercial mais sur le statut de reconnaissance : diplôme national, diplôme visé, grade de licence, titre RNCP niveau 6, ou simple diplôme d'établissement. Ce guide compare licence, BUT, BTS et bachelors d'écoles avec les données publiques 2024-2025.

    3,01 M

    étudiants dans le supérieur (2024-2025)

    26,5 %

    part du privé dans le supérieur

    ≈ 80

    bachelors 3 ans recensés par l'Onisep

    50

    bachelors visés par le ministère

    28

    bachelors conférant le grade de licence

    178 €

    droits annuels d'une licence publique

    10 000 €

    coût moyen annuel d'un bachelor privé

    6 000-18 000 €

    fourchette annuelle privée (Campus France)

    180 ECTS

    réservés à un vrai grade de licence

    Résumé exécutif

    En France, quatre grands blocs coexistent : la licence universitaire, le BUT, le BTS et les bachelors d'écoles, souvent privés ou consulaires. Licence et BUT sont des diplômes nationaux de grade licence. Le bachelor privé peut être excellent, mais il est hétérogène : il faut vérifier s'il est visé, inscrit au RNCP et s'il confère le grade de licence.

    Sur le plan financier, l'écart est massif. Dans le public, les droits d'un diplôme conférant le grade licence sont d'environ 178 € par an pour les étudiants européens. Un bachelor privé coûte en moyenne 10 000 € par an selon l'Onisep, avec une fourchette de 6 000 à 18 000 € observée par Campus France. Le choix d'un bachelor privé doit donc être justifié par un vrai projet : pédagogie, international, stages, réseau, alternance, sélectivité et débouchés.

    Les chiffres récents rappellent que toutes les voies Bac+3 ne servent pas le même objectif. La licence générale reste orientée vers la poursuite d'études : 78,0 % de poursuivants et 61,9 % en emploi salarié à 12 mois pour les non-poursuivants. Le BUT est plus professionnalisant (62,4 % de poursuite, 69,2 % en emploi à 12 mois). La licence professionnelle demeure la plus directement insérante des Bac+3 (79,8 %). Le BTS voie scolaire passe de 54 % à 6 mois à 61 % à 12 mois puis 65 % à 24 mois.

    Enfin, les données publiques sont beaucoup plus solides pour la licence, le BUT et le BTS que pour le bachelor privé en tant que catégorie nationale : l'offre est éclatée, multi-domaines et partiellement hors du périmètre des diplômes nationaux. Les comparaisons se lisent donc par école ou par certification, jamais en bloc.

    Comprendre les voies et leurs différences

    La licence est un diplôme national préparé à l'université en trois ans (six semestres, 180 ECTS). Elle appartient pleinement au schéma LMD et ouvre naturellement vers le master. Sa logique est académique et généraliste, avec possibilité de stages, parcours pro et alternance.

    Le BUT est également un diplôme national qui confère le grade de licence. Il se prépare en trois ans en IUT, avec une forte articulation théorie / projets / stages / apprentissage. L'Onisep recense 24 spécialités dans 111 IUT. Le BUT a remplacé le format court historique des IUT ; le DUT renvoie désormais à l'ancien repère Bac+2.

    Le BTS est un diplôme national à finalité professionnelle en deux ans, en lycée ou en CFA. Il vise l'entrée rapide dans l'emploi tout en permettant des poursuites (licence pro, 3ᵉ année de bachelor, BUT en admission parallèle...).

    Le bachelor d'école désigne des cursus en 3 ou 4 ans après le bac, principalement portés par des écoles privées, dans de nombreux domaines : commerce, gestion, ingénierie, art, design, mode, hôtellerie. À la différence de la licence ou du BUT, il n'est pas automatiquement reconnu par l'État. En 2025, l'Onisep recensait environ 80 bachelors de 3 ans, dont 50 visés et 28 conférant le grade de licence.

    VoieNatureDuréeECTSReconnaissanceFinalité
    Licence universitaireDiplôme national3 ans180Grade de licence automatiquePoursuite d'études puis emploi
    BUTDiplôme national3 ans180Grade de licence automatiqueProfessionnalisation + poursuite
    BTSDiplôme national à finalité pro2 ansHors logique LMD complèteReconnaissance nationale forteInsertion rapide
    Bachelor privé / consulaireDiplôme d'école, parfois visé3 à 4 ansParfois 180À vérifier : RNCP, visa, grade licenceSelon école : emploi, international, poursuite
    École post-bac ingé / managementDiplôme d'école, parfois grade master5 ansVariableDépend de l'habilitationBac+5, réseau, insertion qualifiée

    Lecture : le nom seul ne suffit pas. La hiérarchie utile est diplôme national → diplôme visé → grade → RNCP.

    Anatomie du mot « bachelor » : cinq statuts très différents

    Deux formations qui s'appellent toutes deux bachelor peuvent avoir des niveaux de reconnaissance opposés. Pour couper court aux confusions, voici les cinq statuts qui coexistent en France, du plus solide au plus fragile.

    01

    Bachelor visé conférant le grade de licence

    Le plus solide

    Reconnu par l'État à un niveau équivalent à la licence universitaire (180 ECTS, corps enseignant, international, recherche). Poursuite en master ouverte. 28 formations en 2025.

    02

    Bachelor visé sans grade licence

    Solide

    Contrôle académique du ministère (visa 6 ans max) sur le contenu et la qualité. Poursuite en master possible mais examinée au cas par cas. 50 formations recensées.

    03

    Bachelor inscrit au RNCP niveau 6

    Correct pour l'emploi

    Reconnaissance professionnelle par France compétences. Excellente lisibilité côté entreprise, mais pas de logique LMD explicite. Master universitaire rarement accessible.

    04

    Bachelor délivré par une école reconnue

    À contextualiser

    L'école est reconnue par l'État (statut EESPIG, école consulaire, etc.) mais le bachelor lui-même n'est ni visé ni RNCP. Valeur portée par la réputation de l'école.

    05

    Diplôme d'établissement seul

    Le plus fragile

    Aucune reconnaissance externe. La valeur du diplôme dépend entièrement du réseau de l'école. À éviter si le projet inclut une poursuite d'études ou une mobilité.

    Vérification en trois clics : le site de l'école doit mentionner le statut exact. Sinon, croiser avec enseignementsup-recherche.gouv.fr (liste des diplômes visés) et francecompetences.fr (RNCP).

    Reconnaissance, admissions et coûts

    Trois filtres à connaître

    Le titre RNCP atteste un niveau de qualification et des compétences professionnelles reconnues par l'État, mais ne vaut pas diplôme national ni grade universitaire. Le visa est un contrôle académique de l'État sur une formation donnée, pour une durée maximale de six ans. Le grade de licence apporte un signal plus fort encore : il certifie un niveau académique répondant à des exigences de qualité, de corps enseignant, de recherche, d'internationalisation, et il ouvre explicitement la voie au master et aux concours de catégorie Bac+3.

    Admission : quatre logiques différentes

    La licence est la voie la moins sélective au sens statutaire : Parcoursup et capacité d'accueil. Le BTS et le BUT sont sélectifs sur dossier, parfois avec entretien. Les bachelors privés sélectionnent plus fortement : dossier, entretien de motivation, tests, voire concours communs comme Ecricome Bachelor, Sésame, ou côté ingénieurs Avenir et Puissance Alpha.

    Coût annuel : un écart structurant

    Ordre de grandeur du coût annuel

    Licence publique
    178 €
    BUT public
    178 €
    Bachelor privé (moyenne)
    10 000 €
    Bachelor privé (haut de gamme)
    jusqu'à 18 000 €

    Cadre européen ; les frais différenciés non-européens peuvent atteindre 2 895 € à 3 941 € dans le public (Campus France). Le BTS public n'est pas représenté (barème hors droits universitaires) mais reste très inférieur aux bachelors privés.

    Ce que disent les chiffres récents

    L'enseignement supérieur français a franchi en 2024-2025 le seuil des 3,01 millions d'étudiants, en hausse de 1,4 % sur un an. En 2019-2020, il en comptait 2,7257 millions. Le poids du privé est passé de 21 % à 26,5 % sur cette période. C'est un contexte majeur pour comprendre l'essor des bachelors, sans que toute la hausse ne corresponde à des bachelors privés au sens strict.

    Évolution des effectifs du supérieur (en millions)

    2.73
    2019-2020
    2.94
    2022-2023
    2.96
    2023-2024
    3.01
    2024-2025

    Dans les principales filières : écoles de commerce, gestion et vente à 246,9 milliers en 2024-2025 (251,5 milliers attendus 2025-2026), IUT à 146,4 milliers, STS scolaires en léger recul à 218,5 milliers, STS apprentissage en progression à 198,1 milliers. Professionnalisation croissante et montée de l'alternance : deux tendances confirmées.

    Réussite : ne pas comparer ce qui ne l'est pas

    En licence, quatre bacheliers 2020 sur dix inscrits en L1 obtiennent leur diplôme en 3 ou 4 ans. En BUT, la réussite en trois ans des néo-bacheliers 2021 est de 55 %. En BTS, on parle de succès à l'examen : session 2024 à 74,7 %, dont 79,8 % pour les STS scolaires, 73,0 % pour l'apprentissage, 85,4 % dans le privé sous contrat et 61,1 % dans le privé hors contrat. Ce sont des indicateurs différents : on ne peut pas dire qu'une voie « réussit mieux » sans préciser lequel.

    Taux d'emploi salarié observé à 12 mois

    BTS voie scolaire (12 mois)
    61 %
    Licence générale (12 mois)
    61.9 %
    BUT (12 mois)
    69.2 %
    Licence pro (12 mois)
    79.8 %

    Sources et périmètres différents : InserJeunes pour le BTS (emploi salarié privé, sortants voie scolaire) ; InserSup pour licence, BUT et licence pro (emploi salarié France, diplômés ne poursuivant pas). Comparaison utile mais pas parfaitement homogène.

    Taux d'emploi repérés après la diplomation

    En %, à 12 mois

    90
    60
    30
    0
    61 %
    61.9 %
    69.2 %
    79.8 %
    BTS voie scolaire12 mois
    Licence générale12 mois
    BUT12 mois
    Licence pro12 mois

    Rémunérations à un an

    Médiane nette mensuelle des sortants de BTS en emploi salarié privé : 1 613 € (vs 1 567 € après bac pro, 1 526 € après CAP). En licence générale, la moitié des diplômés 2022 en emploi à 12 mois est entre 1 530 € et 1 950 € ; en licence pro, entre 1 710 € et 2 170 €. Avantage clair à la professionnalisation dans les premières années.

    VoieRéussite / diplomationPoursuite d'étudesEmploi observéRémunération
    Licence générale40 % obtiennent la licence en 3 ou 4 ans78,0 %61,9 % à 12 mois50 % entre 1 530 € et 1 950 €
    BUT55 % en 3 ans62,4 %61,7 % à 6 m • 69,2 % à 12 mDonnée nationale non consolidée
    Licence proNon consolidée récenteFaible par vocation79,8 % à 12 m • 83,3 % en STS50 % entre 1 710 € et 2 170 €
    BTS voie scolaire74,7 % examen 2024 • 79,8 % STS scolairesVariable54 % à 6 m • 61 % à 12 m • 65 % à 24 mMédiane 1 613 € à 12 m

    Analyses par filière et parcours types

    Commerce & management

    Le BTS reste une voie rapide et lisible (MCO 66,5 %, NDRC 77,5 %, CG 70,5 % de succès en 2024). Le BUT permet une montée en gamme : Techniques de commercialisation à 62,3 % d'emploi à 12 mois, GEA à 64,0 %. Les bachelors de business schools séduisent par l'encadrement, l'international et les stages - mais un bachelor non visé et sans grade licence n'offre pas la même sécurité de poursuite qu'un bachelor visé grade licence.

    Business developer juniorAssistant marketingChargé de clientèleAssistant category managerAssistant export

    Informatique & numérique

    Le BUT Informatique reste une référence publique, mais l'insertion immédiate n'est pas uniforme : 57,2 % à 12 mois, avec beaucoup de poursuites. Les spécialités Multimédia et internet plafonnent à 47,9 %. Les bachelors privés d'informatique peuvent être attractifs lorsqu'ils sont bien équipés, alternants et reconnus - la vérification RNCP et des partenariats entreprises doit être particulièrement stricte.

    Développeur web juniorTechnicien supportAssistant cybersécuritéTesteur QAData analyst junior

    Ingénierie, industrie & sciences

    Certains BUT de production affichent d'excellents scores à 12 mois : Chimie 84,7 %, GEII 80,9 %, GMP 78,8 %, Génie civil 80,4 %. Pour les fonctions d'ingénieur, le marché valorise encore fortement les Bac+5 habilités (74,7 % d'emploi à 12 mois, salaires 2 340-2 880 € en médiane).

    Technicien méthodesChargé qualitéAssistant chef de projet industrielTechnicien R&DTechnicien maintenance

    Communication, information & création

    Champ très hétérogène. Le BUT Info-com atteint 65,6 % d'emploi à 12 mois. Le groupe BTS communication/information affiche 76,5 % de succès à l'examen mais des insertions autour de 5-6 sortants sur 10, avec des salaires 1 460-1 910 €. Pour un bachelor privé design/création, vérifier le taux d'insertion par promotion, la nature des stages et la part d'anciens en poste.

    Chargé de communicationCommunity managerAssistant chef de projet digitalMotion designer juniorChef de projet éditorial junior

    Santé, social, biotech & qualité

    Bloc sciences-technologies-santé le plus insérant en licence pro (83,3 % à 12 mois). BUT Génie biologique 81,2 %, Carrières sociales 74,8 %. Pour les métiers réglementés (santé), le raisonnement doit être fait profession par profession et non par bachelor.

    Technicien de laboratoireAssistant qualitéChargé d'intervention socialeTechnicien bio-industrieTechnicien environnement

    Parcours types après le bac et en réorientation

    Depuis le bac

    Licence

    • → Master
    • → Concours Bac+3
    • → Réorientation pro

    BUT

    • → Emploi
    • → Master
    • → École (admission parallèle)

    BTS

    • → Emploi
    • → Licence pro
    • → 3ᵉ année de bachelor

    Bachelor d'école

    • → Emploi
    • → Master si grade licence
    • → Cycle spécialisé de l'école

    Une réorientation après un an est toujours possible vers chacune de ces quatre voies. Vérifier les admissions parallèles, dispenses et entrées directes en 2ᵉ ou 3ᵉ année avant de recommencer à zéro.

    Pour un lycéen, la bonne question est souvent : ai-je besoin d'un cadre fort et d'une pédagogie très appliquée, ou plutôt d'une base académique large ? Pour un bachelier en réorientation, la question devient : dois-je sécuriser une insertion rapide, ou reconstruire un parcours plus long et plus ambitieux ? La meilleure décision n'est pas toujours « la plus prestigieuse », mais la plus cohérente avec le niveau scolaire, la méthode de travail, le budget et le projet.

    Passerelles et débouchés : la carte des routes possibles

    Aucune voie Bac+3 n'est un cul-de-sac. Le schéma ci-dessous synthétise les débouchés directs (emploi, poursuite) et les passerelles qui existent après un an d'études en cas de réorientation. À lire de gauche à droite : le baccalauréat ouvre sur les quatre grandes voies, chacune conduisant à trois types de sorties dominantes.

    Baccalauréat → voies Bac+3 → débouchés

    Baccalauréat

    Après 1 an

    Réorientation

    Licence

    Master

    Concours Bac+3

    Réorientation professionnalisante

    BUT

    Emploi

    Master

    École en admission parallèle

    BTS

    Emploi

    Licence pro

    3ᵉ année de bachelor ou passerelle

    Bachelor d'école

    Emploi

    Master si grade licence ou équivalence recevable

    Cycle spécialisé de l'école

    Lecture : depuis n'importe laquelle des quatre voies, une réorientation après un an renvoie vers les trois autres via admissions parallèles, équivalences ou dispenses. La sortie « Master » depuis un bachelor d'école n'est pas automatique : elle suppose le grade de licence ou une équivalence acceptée par l'établissement d'accueil.

    Passerelles favorables

    • BTS → 3ᵉ année de bachelor visé : très courant en commerce et communication (dossier + entretien).
    • BUT → école d'ingénieurs ou de management par admissions parallèles (concours Passerelle, Tremplin, Ecricome AST).
    • L2 validée → 3ᵉ année de bachelor ou licence pro selon compatibilité disciplinaire.
    • L1 partielle → BUT ou BTS en 1ʳᵉ année (perte d'un an, mais changement franc de modèle).

    Passerelles à vérifier

    • Bachelor non visé → master universitaire : acceptation à la discrétion du jury, souvent refusée.
    • Titre RNCP niveau 6 seul → master : lecture LMD absente, poursuite très limitée.
    • Bachelor 4 ans non gradé → master 2 : équivalence ECTS à documenter dossier par dossier.
    • Reprise post-emploi → licence : possible via VAE ou reprise d'études, calendrier à anticiper.

    Arbitrage : bachelor privé, BUT ou licence ?

    Le débat n'est pas « bachelor vs université » mais projet contre projet. Trois critères tranchent la plupart des situations : le rapport à l'autonomie, l'horizon d'insertion et le budget familial disponible sur trois à cinq ans.

    SituationVoie recommandéePourquoi
    Élève autonome, dossier solide, projet Bac+5 flouLicenceCoût très faible, large choix disciplinaire, master accessible ensuite.
    Élève sérieux mais peu autonome, aime les projetsBUTEncadrement fort, grade licence, professionnalisation progressive.
    Envie de terminer vite et d'entrer en emploiBTS puis licence pro éventuelleInsertion à 12 mois entre 61 % (BTS) et 79,8 % (licence pro).
    Budget disponible, projet international ou entrepreneurialBachelor visé grade licenceRéseau, anglais intensif, entreprises partenaires, poursuite master ouverte.
    Budget contraint mais envie d'école privéeBachelor en alternance (visé RNCP)Alternance = zéro frais et salaire pendant les études.
    Doute sur le projet, hésitation entre plusieurs domainesLicence 1ʳᵉ année exploratoireCoût faible, sortie possible vers BUT ou BTS en 2ᵉ année.
    Profil très scolaire, ambition école d'ingéBUT industriel ou classe prépaPasserelles concours Bac+3 vers écoles Alpha, Puissance, Avenir.

    Règle de sécurité : à qualité pédagogique équivalente, un bachelor visé conférant le grade de licence vaut toujours mieux qu'un bachelor uniquement inscrit au RNCP. À qualité pédagogique inférieure, il vaut mieux un bon BUT public qu'un bachelor privé médiocre à 10 000 € par an.

    Zones à risque et signaux d'alerte

    Toutes les écoles privées ne se valent pas, et le marketing d'établissement peut brouiller la lecture. Voici les quatre signaux qui doivent conduire à une vérification approfondie, voire à un changement de choix.

    Diplôme uniquement RNCP niveau 6

    Un titre RNCP atteste des compétences professionnelles mais ne vaut pas grade de licence. La poursuite en master universitaire est presque toujours refusée. Vérifier si l'école dispose en parallèle d'un visa ou d'une équivalence ECTS solide.

    Communication uniquement sur l'employabilité

    Une école qui ne publie ni le statut du diplôme, ni le corps enseignant permanent, ni la liste des masters intégrés est une école qui ne veut pas être comparée. Demander les rapports InserSup ou équivalents.

    Frais annexes très élevés

    Certains bachelors affichent 8 000 € de scolarité mais ajoutent 2 000 à 4 000 € de frais de dossier, matériel numérique, semestre à l'étranger obligatoire, voyages d'études. Toujours demander le coût total sur 3 ans tout inclus.

    Corps enseignant à 90 % vacataire

    Un corps professoral majoritairement vacataire peut convenir à une école très professionnalisante, mais fragilise la continuité pédagogique et signale souvent l'absence de recherche adossée. À croiser avec le taux d'encadrement.

    Ces signaux ne sont pas éliminatoires en soi, mais ils s'additionnent : deux ou trois cumulés justifient de renoncer à l'école, même si le bachelor semble séduisant en portes ouvertes.

    Recommandations pratiques pour les familles

    Pour des parents, la première recommandation est de raisonner en preuve plutôt qu'en promesse. Une école qui communique sur son international, son réseau ou son employabilité doit pouvoir documenter ces mots : statut du diplôme, niveau RNCP, visa, grade, part d'alternance, volume de stage, part d'enseignants permanents, taux de poursuite d'études et d'emploi, nature des emplois, salaires, proportion de CDI, entreprises partenaires et liste des masters réellement intégrés.

    Pour les lycéens, le critère central doit être la compatibilité pédagogique. La licence convient à des élèves autonomes visant souvent le master. Le BTS convient à ceux qui veulent un cadre court et concret. Le BUT constitue un bon compromis exigence / professionnalisation. Le bachelor privé est pertinent en cas de besoin d'encadrement, de pédagogie de projets, d'exposition anglais/entreprise - et de reconnaissance solide.

    Pour les étudiants en réorientation, l'enjeu n'est pas de repartir à zéro si ce n'est pas nécessaire. L'Onisep rappelle qu'un bachelor est aussi accessible en Bac+1, et beaucoup de filières acceptent des passerelles après un BTS, une L1 ou une autre formation post-bac. Le bon arbitrage : capitaliser sur l'acquis, ou changer franchement de modèle pédagogique.

    Checklist de questions à poser à un établissement

    QuestionPourquoi c'est décisif
    Le diplôme est-il inscrit au RNCP ? à quel niveau ?Pour vérifier le niveau officiel de qualification.
    Est-il visé par le ministère ?Pour la reconnaissance académique.
    Confère-t-il le grade de licence ?Pour l'accès au master et la lisibilité internationale.
    Combien d'ECTS sont délivrés ?Pour les passerelles et la mobilité.
    Quelle différence entre diplôme de l'école et titre certifié ?Pour éviter les confusions marketing.
    Coût total sur 3 ans, frais annexes inclus ?Pour mesurer l'effort réel.
    Quelle part d'étudiants en alternance ?Pour anticiper financement et rythme.
    Taux d'emploi à 6, 12, 24 mois - sur quel périmètre ?Pour éviter les statistiques peu comparables.
    Quels métiers exercés réellement par les diplômés ?Pour vérifier l'adéquation promesse/réalité.
    Quels masters intégrés par les promotions récentes ?Pour objectiver la poursuite d'études.
    Part du corps enseignant permanent ?Pour juger la solidité académique.
    Stages, semestres à l'étranger, partenariats entreprise garantis ?Pour mesurer la valeur ajoutée concrète.

    Ces questions sont particulièrement importantes pour les bachelors privés : la catégorie est hétérogène et la charge de vérification repose largement sur la famille.

    Verdict pratique par voie

    Licence

    Avantages

    Très faible coût, diplôme national, accès naturel au master, vaste choix disciplinaire.

    Points de vigilance

    Autonomie élevée requise, insertion à Bac+3 moins forte.

    BTS

    Avantages

    Court, concret, lisible, insertion rapide, bon tremplin de réorientation.

    Points de vigilance

    Plafond plus rapide sans poursuite, prestige académique limité.

    BUT

    Avantages

    Bon équilibre théorie/pratique, grade licence, alternance et projets fréquents.

    Points de vigilance

    Sélectif, rythme dense, insertion variable selon spécialité.

    Bachelor privé

    Avantages

    Encadrement, spécialisation, international, proximité entreprise.

    Points de vigilance

    Coût élevé, qualité très variable, reconnaissance à vérifier diplôme par diplôme.

    École post-bac 5 ans

    Avantages

    Réseau, marque, Bac+5, débouchés qualifiés.

    Points de vigilance

    Coût et engagement plus élevés, sélection forte.

    Cette hiérarchie n'est pas absolue : un excellent BTS ou un bon BUT valent souvent mieux, pour un projet mal défini ou un budget contraint, qu'un bachelor privé moyen. Inversement, un bachelor visé grade licence, très professionnalisant et bien connecté à l'international, peut être un excellent choix pour le bon profil.

    Limites des données et sources principales

    Deux limites à garder à l'esprit. D'abord, le bachelor privé n'est pas une catégorie statistique homogène dans les bases publiques : diplômes d'école très différents en statut, durée, domaine, reconnaissance. Ensuite, les indicateurs d'insertion diffèrent : InserJeunes suit l'emploi salarié des sortants de CAP à BTS à divers horizons ; InserSup suit les diplômés du supérieur à 6, 12, 18, 24 et 30 mois. Salaires en médiane ou quartiles - certaines comparaisons trop simplificatrices sont interdites.

    Sources structurantes : MESR / SIES (État de l'enseignement supérieur), DEPP (résultats BTS, salaires CAP-BTS), Insee, France compétences (RNCP), Service-Public et Campus France (frais, reconnaissance), Onisep (lisibilité des statuts de diplômes).

    Aller plus loin

    Le Bachelor Business Developer d'Aurlom

    Bachelor européen en alternance à Paris, orienté commerce, marketing digital et développement d'affaires. Reconnaissance, rythme, entreprises partenaires et modalités d'admission détaillées sur la page dédiée.

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