Fiche 25 · Tage Mage

    Conditions minimales : décider de la suffisance, sans résoudre

    Le sous-test Conditions minimales du TAGE MAGE : signification des réponses A à E, méthode de l'arbre de décision, pièges classiques et deux exemples corrigés pas à pas.

    Les conditions minimales sont l'épreuve la plus déroutante du TAGE MAGE, car elle inverse le réflexe scolaire : on ne vous demande pas de résoudre le problème, mais de décider si les informations fournies SUFFISENT à le résoudre. Chaque question comporte un énoncé, une question, puis deux informations numérotées (1) et (2). Les cinq réponses possibles sont identiques pour toutes les questions du sous-test : les connaître par coeur est un préalable absolu.

    15

    Questions en 20 minutes

    5

    Réponses A-E, toujours les mêmes

    2

    Informations (1) et (2) à tester

    0

    Résolution complète exigée

    Les cinq réponses à connaître par coeur

    RéponseSignification
    AL'information (1) seule permet de répondre, mais pas l'information (2) seule.
    BL'information (2) seule permet de répondre, mais pas l'information (1) seule.
    CLes deux informations (1) et (2) ensemble permettent de répondre, mais aucune des deux séparément.
    DChaque information permet séparément de répondre à la question.
    ELes deux informations ensemble ne permettent pas de répondre à la question.

    La méthode de l'arbre de décision

    1. 01

      Analyser la question seule

      Avant de lire (1) et (2), déterminez exactement ce qu'on demande : une valeur unique ? Un oui/non certain ? Combien d'inconnues faut-il fixer pour répondre ?

    2. 02

      Tester (1) seule

      Oubliez complètement (2). L'information (1) permet-elle une réponse unique et certaine ? Notez : suffit / ne suffit pas.

    3. 03

      Tester (2) seule

      Effacez mentalement tout ce que (1) vous a appris - c'est le point le plus difficile - et testez (2) isolément.

    4. 04

      Conclure, et ne combiner que si nécessaire

      (1) et (2) suffisent chacune : D. Seule (1) : A. Seule (2) : B. Aucune séparément : testez alors les deux ensemble - elles suffisent : C ; elles ne suffisent toujours pas : E.

    Le piège n°1 : la contamination

    L'erreur la plus fréquente consiste à garder inconsciemment l'information (1) en tête au moment de tester (2) seule. Résultat : (2) paraît suffisante alors qu'elle ne l'est pas, et l'on coche D au lieu de A. Testez chaque information dans l'oubli total de l'autre.

    Exemple corrigé n°1

    Question : quel est l'âge de Paul ? (1) Dans 5 ans, Paul aura le double de l'âge qu'il avait il y a 5 ans. (2) Paul est de 3 ans le cadet de sa soeur. Test de (1) seule : en notant x l'âge de Paul, x + 5 = 2(x - 5), donc x + 5 = 2x - 10, donc x = 15. Une valeur unique : (1) suffit. Test de (2) seule : sans l'âge de la soeur, impossible de conclure : (2) ne suffit pas. Réponse : A. Remarquez qu'il était inutile de finir le calcul : dès qu'on voit une équation du premier degré à une inconnue, on SAIT qu'elle livre une valeur unique. Décider de la suffisance, c'est cela.

    Exemple corrigé n°2 : le piège du carré

    Question : quelle est la valeur de x ? (1) x² = 9. (2) x > 0. Test de (1) seule : x² = 9 donne DEUX valeurs possibles, x = 3 ou x = -3. Pas de réponse unique : (1) ne suffit pas - c'est le piège classique de l'équation du second degré. Test de (2) seule : une infinité de valeurs positives : (2) ne suffit pas. Ensemble : x² = 9 et x > 0 imposent x = 3, valeur unique. Réponse : C.

    Les pièges classiques du sous-test

    • L'équation du second degré : x² = 9 a deux solutions. Une équation n'implique pas une valeur unique.
    • Les valeurs oubliées : pensez aux négatifs, à zéro, aux non-entiers avant de déclarer une information suffisante.
    • Le « non » qui suffit : pour une question en oui/non, une information qui permet de répondre « non » avec certitude EST suffisante.
    • Le réflexe de résolution : calculer la valeur exacte fait perdre un temps précieux ; seule la certitude qu'on POURRAIT la calculer compte.
    • Le faux ami « compliqué » : une information d'apparence complexe peut être suffisante, et une information simple et séduisante peut ne rien apporter.

    À éviter

    • Résoudre le problème jusqu'au bout avant de conclure.
    • Tester (2) en gardant (1) en mémoire.
    • Croire qu'une équation donne toujours une solution unique.
    • Confondre « je ne sais pas répondre » et « on ne peut pas répondre ».

    À installer

    • Réciter A-B-C-D-E par coeur avant même le premier entraînement.
    • Dérouler l'arbre : (1) seule, (2) seule, puis ensemble si besoin.
    • S'arrêter dès que la suffisance est certaine, sans calculer.
    • Chercher systématiquement le contre-exemple qui rend l'information insuffisante.
    En conditions minimales, celui qui résout a déjà perdu du temps ; celui qui décide de la suffisance marque les points.
    • Je connais par coeur la signification des réponses A, B, C, D et E.
    • Je teste toujours (1) seule, puis (2) seule, dans l'oubli total de l'autre.
    • Je ne combine les deux informations que si aucune ne suffit seule.
    • Je me méfie des équations du second degré et des valeurs négatives.
    • Je sais qu'un « non » certain est une réponse suffisante.
    • Je décide de la suffisance sans résoudre jusqu'au bout.

    Qui a écrit cette fiche ?

    Par l'équipe pédagogique Aurlom, fondée par Franck Attelan, auteur de La Bible du Tage Mage.

    Pour situer votre niveau et fixer votre objectif, consultez notre page repère : Score Tage Mage : moyenne, barème et objectifs par école.

    FAQ

    On vous répond

    Que signifient les réponses A, B, C, D, E en conditions minimales ?

    A : l'information (1) seule suffit, pas la (2). B : la (2) seule suffit, pas la (1). C : les deux ensemble suffisent, mais aucune séparément. D : chacune suffit séparément. E : même réunies, les deux informations ne permettent pas de répondre. Ces cinq réponses sont identiques pour toutes les questions du sous-test.

    Faut-il résoudre les problèmes de conditions minimales ?

    Non, et c'est tout l'esprit de l'épreuve : il suffit d'établir avec certitude qu'une résolution serait possible. Dès que la suffisance (ou l'insuffisance) est prouvée, on conclut et on passe - calculer la valeur exacte est une perte de temps.

    Pourquoi les conditions minimales sont-elles réputées difficiles ?

    Parce qu'elles inversent le réflexe scolaire de résolution et exigent une discipline stricte : tester chaque information isolément, sans contamination, et penser aux cas limites (solutions multiples, valeurs négatives, non-entiers). C'est aussi l'épreuve où l'entraînement paie le plus vite.

    Comment s'entraîner efficacement aux conditions minimales ?

    En automatisant l'arbre de décision sur des dizaines de questions corrigées, et en tenant un relevé de ses erreurs : contamination entre les informations, solution double oubliée, cas limite ignoré. Les mêmes pièges reviennent - les répertorier immunise.

    Prêt à viser le score qui ouvre les portes

    JE M'INSCRIS À UNE PRÉPA