Ce qu'attend le correcteur, comment lire un corpus et construire un plan, un mini-dossier d'entraînement original et un corrigé annoté pour préparer l'épreuve de synthèse de la session 2026.
L'épreuve de synthèse dure 3 heures et porte sur un corpus de documents que le candidat doit résumer en une production d'environ 350 mots. L'épreuve est entièrement digitalisée : il est interdit d'imprimer les documents, la saisie et le dépôt se font à l'écran, et le nombre de mots est décompté automatiquement par la plateforme.
Source : modalités officielles de la session 2026, concours-acces.com (consulté le 6 septembre 2026).
Une démarche en 5 étapes, à adapter à votre rythme de lecture, pour tenir les 3 heures d'épreuve.
Lire l'ensemble des documents une première fois sans annoter, pour identifier le sujet commun et le type de chaque document (fait, analyse, témoignage, chiffres). Repérer la position implicite de chaque texte sur la question posée.
Relire document par document en notant, pour chacun, les idées clés sous forme de mots ou courtes formules (pas de phrases entières recopiées). Identifier les points de convergence, de complémentarité et de désaccord entre les documents.
Regrouper les idées relevées par thèmes transversaux, indépendamment de l'ordre des documents. Construire un plan en 2 ou 3 parties qui reflète la logique du corpus (par exemple : constat partagé / tensions et limites / pistes ou évolutions évoquées par les documents).
Rédiger directement au propre en suivant le plan, en reformulant avec ses propres mots. La synthèse est un texte autonome : on n'y écrit ni numéro de document, ni titre, ni nom d'auteur. Les idées sont intégrées et attribuées par la formulation elle-même (« pour certains observateurs », « à l'inverse, d'autres soulignent »), avec des connecteurs logiques pour marquer les rapprochements et les oppositions.
Vérifier le nombre de mots affiché par la plateforme, corriger les répétitions, s'assurer qu'aucune opinion personnelle ne s'est glissée dans le texte, et vérifier que chaque idée utile du corpus a bien été mobilisée, sans référence numérotée dans la copie.
Sujet : la place des mobilités douces (vélo, marche, trottinette) en ville. Ces quatre textes sont des documents pédagogiques rédigés par Aurlom pour l'entraînement, et non des articles de presse réels.
Document 1 - texte original Aurlom
Depuis une dizaine d'années, de nombreuses grandes villes ont multiplié les pistes cyclables et réduit la place de la voiture individuelle dans leurs centres. Les partisans de cette évolution avancent que les mobilités douces réduisent la pollution de l'air, limitent le bruit urbain et rendent l'espace public plus agréable pour les piétons. Ils soulignent aussi que le vélo, contrairement à la voiture, ne nécessite pas de grandes surfaces de stationnement, ce qui libère de la place pour des usages collectifs comme les terrasses ou les espaces verts.
Document 2 - texte original Aurlom
D'autres habitants, notamment ceux qui résident en périphérie ou dans des zones mal desservies par les transports en commun, expriment des réserves. Pour eux, la voiture reste indispensable au quotidien, en particulier pour les trajets longs, le transport de charges ou les déplacements professionnels nécessitant plusieurs arrêts. La réduction des voies réservées aux voitures est vécue, dans ces cas, comme une contrainte supplémentaire plutôt que comme un progrès, faute d'alternative crédible.
Document 3 - texte original Aurlom
Les commerçants de certains centres-villes se montrent partagés face à ces réaménagements. Certains constatent une hausse de la fréquentation piétonne et une clientèle de proximité plus régulière une fois les aménagements cyclables installés. D'autres redoutent une baisse de leur activité liée à la disparition de places de stationnement proches de leur commerce, en particulier pour les achats volumineux ou les clients venant de l'extérieur de la ville.
Document 4 - texte original Aurlom
Plusieurs municipalités ont choisi une approche progressive : elles combinent extension des pistes cyclables, maintien de certains axes routiers principaux et développement de zones de stationnement en périphérie reliées au centre par des navettes. Cette approche vise à concilier les besoins des habitants qui dépendent de la voiture avec l'objectif de réduire la circulation motorisée dans les zones les plus denses, sans opposer frontalement les usages.
Rappel : la consigne officielle de la session 2026 demande une production d'environ 350 mots. L'exemple ci-dessous, construit à partir du mini-dossier de 4 documents, est un exercice abrégé à visée pédagogique : il est volontairement plus court pour faciliter l'annotation de chaque choix méthodologique.
Les réaménagements urbains en faveur des mobilités douces suscitent des réactions contrastées selon les usages et les publics concernés.
Annotation : phrase d'ouverture qui formule la problématique du corpus sans reprendre le vocabulaire d'un document précis.
D'un côté, le développement des pistes cyclables et la réduction de la place de la voiture sont présentés comme bénéfiques pour la qualité de l'air, le bruit et l'usage collectif de l'espace public. Une partie des commerçants constate d'ailleurs une fréquentation piétonne accrue après ces aménagements.
Annotation : première partie du plan - les bénéfices mis en avant, par croisement de deux documents convergents du corpus (documents 1 et 3). Aucun numéro n'apparaît dans la copie : l'attribution se fait par la formulation.
De l'autre côté, ces évolutions posent des difficultés aux habitants dépendant de la voiture, faute d'alternative dans les zones mal desservies, et à une partie des commerçants qui redoutent une baisse d'activité liée à la disparition de places de stationnement.
Annotation : deuxième partie - les tensions et limites, en mobilisant le document 2 et, une seconde fois, le document 3 pour son ambivalence interne (deux points de vue dans le même texte).
Face à ces tensions, certaines municipalités adoptent une approche progressive, associant extension des pistes cyclables, maintien d'axes routiers principaux et stationnements périphériques reliés par navettes, afin de concilier les besoins des différents usagers.
Annotation : troisième partie - la piste d'évolution évoquée par le document 4, qui sert de conclusion logique sans ajouter d'opinion personnelle.
Problématique : comment concilier développement des mobilités douces et besoins des usagers dépendant de la voiture ?
Plan en 3 parties : I. Les bénéfices attendus des mobilités douces - II. Les tensions et limites pour certains usagers - III. Des approches progressives pour concilier les besoins.
Reformulation : aucune phrase des documents originaux n'est recopiée telle quelle ; chaque idée est reformulée avec un vocabulaire différent tout en respectant le sens du document source.
Références : la copie ne comporte aucun numéro de document, aucun titre et aucun nom d'auteur. Les renvois « document 1 », « document 3 » n'existent que dans les annotations pédagogiques placées hors de la copie. Cette règle figure déjà dans l'ancien cahier d'entraînement officiel du concours (édition 2020, format papier différent de l'épreuve digitalisée actuelle) et guide la manière d'intégrer les idées.
Articulations : « D'un côté / De l'autre côté / Face à ces tensions » structurent explicitement le passage d'une partie à l'autre.
| Critère vérifiable | Question à se poser |
|---|---|
| Volume | La production fait-elle environ 350 mots, selon le compteur de la plateforme ? |
| Objectivité | Le texte contient-il une phrase à la première personne ou un jugement de valeur ? |
| Idées utiles mobilisées | Chaque idée utile du corpus est-elle intégrée, sans qu'aucun document reste ignoré et sans référence numérotée dans la copie ? |
| Équilibre | Un document occupe-t-il une place disproportionnée par rapport aux autres ? |
| Reformulation | Des phrases entières des documents sources ont-elles été recopiées ? |
| Plan explicite | Le lecteur peut-il identifier 2 ou 3 parties et leur logique en une lecture ? |
| Articulations | Des connecteurs logiques marquent-ils les liens entre les idées et les documents ? |
À faire en conditions chronométrées : 20 minutes de lecture et de plan, puis rédaction.
Document A - texte original Aurlom
Le télétravail, généralisé dans de nombreuses entreprises depuis plusieurs années, est présenté par certains salariés comme un gain de temps et de qualité de vie : suppression des trajets domicile-travail, meilleure concentration sur les tâches individuelles, plus grande autonomie dans l'organisation de la journée.
Document B - texte original Aurlom
D'autres salariés et responsables d'équipe pointent des difficultés : dilution du sentiment d'appartenance à l'entreprise, complexité accrue de la coordination sur les projets collectifs, et risque d'isolement pour les salariés récemment arrivés qui n'ont pas encore construit de relations avec leurs collègues.
Document C - texte original Aurlom
Certaines entreprises ont mis en place des formules hybrides, avec un nombre minimal de jours de présence au bureau fixé collectivement par équipe, afin de préserver des temps de travail collectif tout en conservant les bénéfices individuels du télétravail.
Consigne : rédigez une synthèse de ces trois documents en respectant les mêmes règles que pour l'épreuve officielle (objectivité, reformulation, plan explicite).
Le télétravail, aujourd'hui répandu dans de nombreuses entreprises, est perçu de façon contrastée selon les salariés et les organisations. Pour une partie d'entre eux, il représente un gain de temps et d'autonomie, grâce à la suppression des trajets et à une meilleure concentration individuelle. D'autres, en particulier les responsables d'équipe, soulignent des effets négatifs sur la coordination collective et sur l'intégration des nouveaux arrivants, plus exposés à l'isolement. Pour concilier ces avantages et ces limites, certaines entreprises ont adopté des formules hybrides, en fixant un nombre minimal de jours de présence collective, ce qui permet de conserver les bénéfices individuels du télétravail sans renoncer aux temps de travail en équipe.
Corrigé indicatif volontairement abrégé, à visée pédagogique : il est plus court que les 350 mots demandés le jour de l'épreuve officielle et n'illustre que la structure attendue (constat contrasté / bénéfices / limites / piste de conciliation). Aucune référence numérotée n'y figure : c'est la règle de la copie de synthèse.
Source officielle : modalités du Concours ACCES, session 2026, concours-acces.com (consulté le 6 septembre 2026).