SESAME ment-il ?
Aucun élément examiné ne permet d'affirmer que SESAME fabriquerait délibérément de faux chiffres. Ses documents publient plusieurs informations défavorables : diminution des candidats, recul du bac+5, faible proportion de boursiers, sanctions pour fraude, disparités de recrutement, départ de deux écoles.
SESAME maquille-t-il la lecture ?
Oui, régulièrement. Il utilise les techniques classiques de la communication institutionnelle : agrégation, changement d'indicateur, euphémisme, distinction non explicitée, communication sur les moyens, effet de halo des grandes marques.
La phrase qui résume toute l'enquête
SESAME dit généralement vrai sur ce qu'il montre, mais il ne montre pas toujours ce qui permettrait de comprendre toute la vérité.
La banque est sérieuse, historique et utile. Elle organise une procédure réelle de sélection et donne accès à des formations reconnues.
Mais son discours public fusionne trop souvent la réputation de la banque, celle de l'école, celle du programme, la reconnaissance du diplôme, la sélectivité réelle, l'attractivité finale et la valeur économique pour la famille. Or ces éléments ne sont pas interchangeables.
Le prochain progrès de SESAME ne devrait pas seulement être technologique. Il devrait être statistique et démocratique : publier les résultats programme par programme, exposer les derniers rangs appelés, donner les taux de conversion, publier les incidents techniques, détailler les procédures disciplinaires, rendre lisibles les coûts complets, mieux distinguer accessibilité juridique et ouverture sociale.
SESAME veut devenir le concours post-bac incontournable. Pour y parvenir durablement, il devra accepter que la confiance ne se construit pas seulement avec une belle marque, mais avec des données que chacun peut retourner, examiner et comparer sous toutes les coutures.