TMS, WMS, GPS, outils douaniers, pilotage : les technologies que vous maîtriserez en BTS GTLA, avec des cas d'usage du terrain.
Le TMS est le cerveau de l'exploitation transport. Concrètement, chaque matin l'exploitant ouvre son TMS et voit les commandes de transport du jour : 45 livraisons à organiser sur l'Île-de-France.
Le logiciel optimise les tournées automatiquement : il regroupe les livraisons par zone géographique, tient compte des créneaux horaires imposés par les clients (le magasin Carrefour de Rungis veut être livré entre 6h et 8h), du poids et du volume (un camion 19t ne peut pas charger plus de 12 palettes), et de la réglementation (temps de conduite maximum : 4h30 avant une pause de 45 min).
Résultat : au lieu de 12 camions, il en faut 9 - économie de 25 % sur le coût carburant.
Le TMS gère aussi la facturation : chaque livraison est tarifée selon le barème client (prix au km, à la palette, au poids), la facture est générée automatiquement.
Imaginez un « Leboncoin du transport routier ». Un transporteur de Lyon a un camion vide qui revient de Marseille - il publie sa disponibilité sur Teleroute.
Un expéditeur de Montpellier cherche un camion pour 8 palettes vers Lyon le lendemain - il publie sa demande.
Le match se fait en quelques minutes. B2PWeb (Bourse Privée Professionnelle) est la plateforme française de référence : 15 000 entreprises inscrites, 200 000 offres par jour.
Vous apprenez à négocier les prix (le tarif affiché est rarement le tarif final), à vérifier la fiabilité du partenaire (notation, assurances, licences) et à éviter les retours à vide (le cauchemar de tout transporteur : un camion vide coûte autant en carburant qu'un camion plein).
Le WMS pilote toutes les opérations de l'entrepôt, de la réception à l'expédition. Exemple dans un entrepôt de 10 000 m² d'un distributeur alimentaire : un camion arrive avec 33 palettes de produits frais.
Le magasinier scanne chaque palette avec son terminal RF (radiofréquence) - le WMS vérifie que la commande correspond (bon de livraison vs bon de commande), contrôle les DLC (dates limites de consommation), et affecte automatiquement un emplacement de stockage en chambre froide (algorithme FIFO : First In, First Out - les produits les plus anciens partent en premier).
Pour la préparation de commandes, le WMS génère des listes de picking optimisées : au lieu de faire 200 allers-retours dans l'entrepôt, le préparateur suit un chemin optimisé qui réduit la distance parcourue de 40 %.
En fin de journée, le WMS a géré 500 références, 2 000 lignes de commande et 180 expéditions.
Technologies de traçabilité qui permettent de suivre chaque produit à chaque étape. Le code-barres EAN-13 (celui qu'on voit sur tous les produits au supermarché) identifie le produit ; le QR code peut contenir bien plus d'informations (lot, date de production, origine). La RFID (identification par radiofréquence) va encore plus loin : une puce collée sur chaque carton permet de scanner un palette entière en 3 secondes sans ouvrir les cartons - là où le code-barres nécessite de scanner chaque article un par un.
Exemple : chez Decathlon, chaque vêtement a une puce RFID - l'inventaire d'un magasin de 4 000 m² prend 2 heures au lieu de 2 jours.
En entrepôt logistique, la RFID réduit les erreurs de préparation de 99,5 % à 99,95 %.
Chaque camion est équipé d'un boîtier télématique qui transmet en temps réel : position GPS, vitesse, consommation de carburant, température de la remorque (crucial pour le transport frigorifique : la chaîne du froid doit rester entre 0°C et 4°C).
Exemple : un exploitant suit ses 25 camions sur une carte en temps réel.
Le camion n°7 est bloqué sur l'A6 (accident) - l'exploitant prévient le client du retard et réaffecte la livraison urgente au camion n°12 qui est à proximité.
Le système calcule aussi l'éco-conduite : le chauffeur Martin a une note de 82/100 (bonne anticipation, peu de freinages brusques, régime moteur optimal), tandis que le chauffeur Dupont est à 61/100 (conduite agressive, surconsommation de 15 %).
Ces données permettent de cibler les formations et de réduire la facture carburant de 8 à 12 %.
Boîtier obligatoire dans tout véhicule de transport routier de plus de 3,5 tonnes. Il enregistre automatiquement les temps de conduite, de repos, de travail et de disponibilité du conducteur via une carte à puce personnelle. La réglementation européenne est stricte : maximum 9h de conduite par jour (10h deux fois par semaine), pause obligatoire de 45 min après 4h30 de conduite, repos journalier de 11h minimum.
Exemple : le responsable d'exploitation télécharge les données du chronotachygraphe chaque semaine et vérifie la conformité.
Infraction détectée : un conducteur a conduit 10h15 mardi sans avoir pris sa pause - amende de 750 € et risque d'immobilisation du véhicule lors d'un contrôle routier.
Le logiciel d'analyse (Tachoscan, VDO Download) génère des alertes automatiques.
Système de dédouanement en ligne de la douane française. Exemple concret : un importateur fait venir 1 000 casques audio de Shenzhen (Chine).
Vous saisissez la déclaration en douane sur Delta : code SH (nomenclature douanière) 8518.30.00, valeur en douane CIF (coût + assurance + fret) de 25 000 €, pays d'origine : Chine.
Le système calcule automatiquement les droits de douane (3,5 % = 875 €) et la TVA à l'importation (20 % sur la valeur + droits = 5 175 €). Total à payer : 6 050 €.
Vous joignez les documents : facture commerciale, certificat d'origine, packing list, connaissement maritime.
Le processus prend 15 minutes pour un déclarant expérimenté.
Système informatisé européen pour gérer le transit douanier. Le transit, c'est quand une marchandise traverse un pays sans y être dédouanée. Exemple : un camion charge des machines-outils à Rotterdam (Pays-Bas) à destination de Milan (Italie).
Il traverse la Belgique, le Luxembourg et la France sans s'arrêter à aucune douane grâce au document de transit T1 (marchandises non-UE) ou T2 (marchandises UE) généré par NCTS. Le système suit le camion en temps réel : bureau de départ (Rotterdam), bureaux de passage (Valenciennes, Lyon), bureau de destination (Milan).
À l'arrivée, la douane italienne clôture le transit dans NCTS. Si le camion ne se présente pas dans les délais, une enquête est déclenchée pour suspicion de fraude.
L'outil quotidien indispensable de l'exploitant transport. Exemples concrets :
Système de gestion intégré qui centralise toutes les fonctions de l'entreprise. Exemple chez un groupe de transport de 500 camions : SAP gère la comptabilité (facturation clients, paiement fournisseurs carburant et péages), les RH (paie des 600 conducteurs, gestion des habilitations ADR pour le transport de matières dangereuses), la maintenance (planification des révisions : chaque camion passe en atelier tous les 30 000 km), et l'interface avec le TMS pour la facturation automatique. Le module FI-CO (Finance-Controlling) permet au directeur de voir en temps réel la rentabilité de chaque client, de chaque ligne et de chaque agence.
Outils de data visualisation pour le reporting et l'aide à la décision. Exemple : le directeur d'exploitation ouvre son dashboard Power BI le lundi matin et voit en un coup d'œil : le CA de la semaine précédente (245 000 €, +3 % vs N-1), les 5 clients les plus rentables et les 5 les moins rentables, la carte de chaleur des retards de livraison (les retards se concentrent en Île-de-France le vendredi après-midi - conclusion : ajuster les créneaux), l'évolution du coût carburant sur 12 mois (tendance à la hausse : +8 %). Ces dashboards sont partagés en temps réel avec les directeurs d'agence via un lien sécurisé.
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