L'épargne et les placements constituent le deuxième grand univers du conseiller bancaire. Savoir orienter un client vers le bon produit - en fonction de ses objectifs, de son horizon de temps et de sa tolérance au risque - est une compétence centrale du BTS Banque. Explorons ensemble chaque solution.
Les livrets réglementés sont des produits d'épargne dont le taux, le plafond et les conditions sont fixés par l'État. Leur principal avantage : les intérêts sont totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux.
Le Livret A est le plus populaire (55 millions de détenteurs en France). Son taux est de 2,4 % depuis février 2025, avec un plafond de 22 950 €. L'argent reste disponible à tout moment.
Le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) fonctionne comme le Livret A, avec un plafond de 12 000 €. Les fonds collectés financent la transition écologique et l'économie sociale.
Le LEP (Livret d'Épargne Populaire) est réservé aux revenus modestes. Son taux est plus avantageux (3,5 % en 2025), avec un plafond de 10 000 €. Environ 10 millions de Français y sont éligibles mais ne l'ont pas encore ouvert.
Exemple concret
Yasmine, 22 ans, apprentie en BTS Banque, gagne 1 100 € net par mois. Elle place 150 € par mois sur son Livret A. En un an, elle épargne 1 800 €. Avec un taux de 2,4 %, elle gagne environ 22 € d'intérêts nets d'impôts la première année (les intérêts sont calculés par quinzaine). Son conseiller lui signale qu'elle est éligible au LEP grâce à ses revenus modestes : elle y transfère 5 000 € pour profiter du taux de 3,5 %, soit 175 € d'intérêts par an au lieu de 120 € sur le Livret A.
Points clés à retenir
Un compte à terme (CAT) est un placement où vous bloquez une somme pendant une durée fixée à l'avance (3 mois, 6 mois, 1 an, 2 ans…). En échange de cette immobilisation, la banque vous offre un taux garanti, généralement supérieur à celui des livrets.
Le taux est négocié à l'ouverture et reste fixe pendant toute la durée. Si vous retirez votre argent avant l'échéance, vous perdez tout ou partie des intérêts (pénalité de retrait anticipé).
Les intérêts d'un CAT sont soumis à la flat tax de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif.
Exemple concret
Marc, 45 ans, vient de recevoir une prime de 15 000 €. Son Livret A est déjà au plafond. Son conseiller lui propose un compte à terme à 12 mois au taux de 3,2 %. En bloquant 15 000 € pendant un an, Marc touchera 480 € bruts d'intérêts. Après la flat tax (30 %), il lui restera 336 € nets. C'est mieux que laisser l'argent dormir sur un compte courant à 0 %, mais Marc doit s'assurer de ne pas avoir besoin de cette somme pendant 12 mois.
Points clés à retenir
L'assurance-vie est le placement préféré des Français (1 900 milliards d'euros d'encours en 2024). C'est une enveloppe fiscale qui peut contenir deux types de supports :
Le fonds en euros : votre capital est garanti par l'assureur. Le rendement est modéré (environ 2,5 % à 3 % en 2024) mais sûr. C'est le choix des profils prudents.
Les unités de compte (UC) : votre argent est investi en actions, obligations, immobilier (SCPI), etc. Le rendement potentiel est plus élevé, mais votre capital n'est pas garanti - il peut baisser.
Fiscalement, l'assurance-vie devient très avantageuse après 8 ans de détention : abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains retirés. En cas de décès, les sommes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Exemple concret
Nathalie, 35 ans, ouvre un contrat d'assurance-vie avec un versement initial de 10 000 €. Elle choisit une répartition 60 % fonds euros / 40 % unités de compte (profil « équilibré »). Après 8 ans, son contrat vaut 14 200 €, soit 4 200 € de gains. Si elle retire tout, elle bénéficie de l'abattement de 4 600 € : elle ne paie aucun impôt sur les gains. Si elle décède, ses deux enfants (désignés bénéficiaires) reçoivent chacun 7 100 € sans droits de succession, grâce à l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Points clés à retenir
Le PEA (Plan d'Épargne en Actions) est une enveloppe fiscale qui permet d'investir en actions européennes. Son plafond de versement est de 150 000 €. L'avantage clé : après 5 ans de détention, les plus-values et dividendes sont exonérés d'impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent).
Le PEA-PME est son complément, dédié aux petites et moyennes entreprises européennes, avec un plafond additionnel de 225 000 € (cumulé avec le PEA).
Attention : un retrait avant 5 ans entraîne la clôture du PEA et la perte de l'avantage fiscal. Après 5 ans, les retraits partiels sont possibles sans clôture.
Exemple concret
Julien, 28 ans, ingénieur, souhaite investir 200 € par mois en bourse. Il ouvre un PEA chez sa banque et achète un ETF (fonds indiciel) qui réplique l'indice MSCI Europe. En 5 ans, il investit 12 000 € au total. Si la valeur de son PEA atteint 15 500 €, il réalise 3 500 € de plus-value. Grâce au PEA, il ne paiera que 17,2 % de prélèvements sociaux (602 €) au lieu de la flat tax complète de 30 % (1 050 €). Économie : 448 €.
Points clés à retenir
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d'investir dans l'immobilier sans acheter un bien en direct. Vous achetez des parts d'une société qui détient et gère un patrimoine immobilier (bureaux, commerces, logements). En retour, vous percevez des revenus (loyers) proportionnels à votre investissement.
Le rendement moyen des SCPI est de 4,5 % à 5 % par an (2024). L'investissement minimum peut être de quelques centaines d'euros. Les SCPI peuvent être achetées en direct, via une assurance-vie, ou à crédit.
Le terme « pierre-papier » désigne plus largement tous les placements immobiliers sous forme de titres : SCPI, OPCI, SCI, foncières cotées (SIIC).
Exemple concret
Fatima, 40 ans, souhaite investir dans l'immobilier mais n'a pas les moyens d'acheter un appartement. Elle investit 10 000 € dans une SCPI de bureaux. Le prix de la part est de 200 €, elle détient donc 50 parts. La SCPI distribue un rendement de 4,8 % : Fatima touche 480 € de revenus par an (40 € par mois), versés trimestriellement sur son compte. Elle n'a aucun locataire à gérer, aucuns travaux à organiser. C'est la société de gestion qui s'en charge moyennant des frais de gestion (~10 % des loyers).
Points clés à retenir
Avant de proposer un placement, le conseiller bancaire doit déterminer le profil investisseur de son client. C'est une obligation réglementaire (directive MIF 2 / MiFID II). Le questionnaire évalue : les objectifs financiers, l'horizon de placement, la tolérance au risque, la situation patrimoniale et les connaissances financières.
On distingue généralement 4 profils : prudent (capital garanti prioritaire), équilibré (mix sécurité/rendement), dynamique (accepte une volatilité modérée pour un meilleur rendement) et offensif (recherche la performance maximale, accepte les pertes temporaires).
L'allocation d'actifs est la répartition de l'investissement entre différentes classes d'actifs (monétaire, obligations, actions, immobilier). Elle est ajustée en fonction du profil.
Exemple concret
M. et Mme Dupont, 55 ans, souhaitent préparer leur retraite dans 10 ans. Le conseiller leur fait remplir le questionnaire MIF 2. Résultat : profil « équilibré ». Il leur propose une allocation de 40 % en fonds euros (sécurité), 30 % en obligations (rendement stable), 20 % en actions européennes (croissance) et 10 % en SCPI (revenus réguliers). Chaque année, le conseiller rééquilibre le portefeuille : si les actions ont bien performé et représentent désormais 28 %, il en vend une partie pour revenir à 20 % et réinvestit dans les fonds euros.
Points clés à retenir