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    Crédit

    Le crédit est le moteur de l'économie : il permet aux particuliers d'acheter un logement, une voiture, de financer des travaux ou des projets personnels. En tant que futur conseiller bancaire, vous serez au cœur de ce processus. Comprendre les mécanismes du crédit, évaluer la capacité d'emprunt et maîtriser les garanties sont des compétences essentielles.

    Crédit immobilier : taux fixe, variable, mixte

    Le crédit immobilier finance l'achat d'un bien immobilier (résidence principale, secondaire ou investissement locatif). Sa durée s'étend généralement de 15 à 25 ans (maximum 27 ans pour le neuf depuis les recommandations du HCSF de 2022).

    Avec un taux fixe, votre mensualité reste identique pendant toute la durée du prêt. C'est l'option la plus courante en France (plus de 95 % des crédits). Vous savez exactement combien vous rembourserez au total.

    Avec un taux variable (ou révisable), le taux évolue en fonction d'un indice de référence (Euribor). Si les taux baissent, vous payez moins ; s'ils montent, votre mensualité augmente. Un taux variable « capé » limite la hausse (par exemple : +1 % ou +2 % maximum).

    Le taux mixte combine les deux : un taux fixe pendant les premières années (5 à 10 ans), puis un passage au taux variable. C'est intéressant si vous prévoyez de revendre le bien avant la fin de la période fixe.

    Exemple concret

    Clara et Antoine, 30 ans, achètent leur premier appartement à Lyon pour 280 000 €. Ils apportent 30 000 € et empruntent 250 000 € sur 20 ans à taux fixe de 3,5 %. Leur mensualité est de 1 449 € (hors assurance). Coût total du crédit : 97 760 € d'intérêts. Leur banquier leur proposait aussi un taux variable capé +1 % à 3,1 % initial (mensualité de départ : 1 401 €, mais pouvant monter à 1 548 € si le cap est atteint). Ils préfèrent la sécurité du taux fixe pour dormir tranquilles.

    Points clés à retenir

    • Taux fixe : mensualité constante, sécurité maximale (95 % des crédits en France)
    • Taux variable : indexé sur l'Euribor, risque de hausse
    • Taux mixte : fixe au début, variable ensuite
    • Durée maximale recommandée : 25 ans (27 ans en neuf)

    Crédit à la consommation : affecté, personnel, revolving

    Le crédit affecté finance un achat précis (voiture, cuisine équipée, travaux). Le montant est versé directement au vendeur ou sur facture. Avantage : si la vente est annulée, le crédit l'est aussi automatiquement.

    Le crédit personnel (ou prêt non affecté) vous verse une somme que vous utilisez librement, sans justificatif. Il est souvent proposé par les banques pour des montants de 1 000 € à 75 000 €, sur 1 à 7 ans.

    Le crédit revolving (renouvelable) met à votre disposition une réserve d'argent qui se reconstitue au fur et à mesure des remboursements. Son taux est très élevé (souvent 15 % à 21 % de TAEG). La loi Lagarde (2010) impose que chaque relevé mensuel indique la durée restante et le coût total si vous ne remboursez que le minimum.

    Exemple concret

    Karim souhaite acheter une voiture d'occasion à 12 000 €. Son concessionnaire lui propose un crédit affecté à 5,9 % sur 48 mois : mensualité de 281 €, coût total du crédit : 1 488 €. Parallèlement, sa banque lui propose un prêt personnel à 4,5 % sur 48 mois : mensualité de 274 €, coût total : 1 152 €. Karim choisit le prêt bancaire, moins cher. En revanche, il sait que si le véhicule s'avère défectueux, il ne pourra pas annuler le crédit comme avec un crédit affecté - il devra agir séparément contre le vendeur.

    Points clés à retenir

    • Crédit affecté : lié à un achat, annulable si vente annulée
    • Prêt personnel : libre utilisation, taux souvent attractif
    • Revolving : réserve renouvelable, taux très élevé (15-21 %)
    • Montant : de 200 € à 75 000 € (au-delà = crédit immobilier)

    Capacité d'emprunt et taux d'endettement

    La capacité d'emprunt est le montant maximum que vous pouvez emprunter en fonction de vos revenus, de vos charges et de la durée du prêt. La règle d'or est le taux d'endettement : l'ensemble de vos mensualités de crédit ne doit pas dépasser 35 % de vos revenus nets (recommandation du HCSF, devenue contraignante en 2022).

    Le reste à vivre est tout aussi important : c'est ce qu'il vous reste après avoir payé vos charges fixes et vos crédits. Un couple gagnant 6 000 € avec 35 % d'endettement a un reste à vivre de 3 900 €. Un célibataire gagnant 1 800 € avec le même taux n'a que 1 170 € - ce qui peut être insuffisant.

    Le saut de charge mesure la différence entre votre loyer actuel et votre future mensualité de crédit. Si vous payez 800 € de loyer et que votre mensualité sera de 850 €, le saut de charge est de 50 € : la banque considère que c'est raisonnable.

    Exemple concret

    Emma et Théo gagnent ensemble 4 500 € nets. Ils n'ont aucun crédit en cours. Leur taux d'endettement maximum est de 35 %, soit 1 575 € de mensualité. Avec un taux de 3,5 % sur 25 ans, ils peuvent emprunter environ 290 000 €. Mais leur banquier vérifie aussi le reste à vivre : 4 500 - 1 575 = 2 925 €. Avec un enfant, c'est suffisant. Si Théo avait déjà un crédit auto de 300 €/mois, la capacité tombe à 1 275 € de mensualité immobilière, soit environ 235 000 € d'emprunt.

    Points clés à retenir

    • Taux d'endettement maximum : 35 % des revenus nets (HCSF)
    • Reste à vivre : revenus - charges fixes - crédits
    • Saut de charge : différence loyer actuel / future mensualité
    • Apport personnel recommandé : 10 % minimum du prix du bien

    Garanties : hypothèque, caution, nantissement

    Quand vous empruntez, la banque prend une garantie pour se protéger en cas de défaillance. C'est une sûreté qui lui permet de récupérer son argent.

    L'hypothèque donne à la banque le droit de saisir et vendre le bien immobilier si vous ne remboursez plus. Elle nécessite un acte notarié (coût : environ 1,5 % du montant emprunté). En cas de revente anticipée, il faut payer une mainlevée d'hypothèque.

    La caution (Crédit Logement, SACCEF) est une alternative plus économique : un organisme se porte garant à votre place moyennant une commission. Avantage : pas de frais de notaire, et une partie de la commission est restituée à la fin du prêt. C'est la garantie la plus utilisée en France.

    Le nantissement consiste à mettre en gage un placement financier (assurance-vie, PEA) comme garantie du prêt. Si vous ne remboursez plus, la banque peut saisir le placement. Pas de frais de notaire, mais votre épargne est bloquée.

    Exemple concret

    Pour leur emprunt de 250 000 €, Clara et Antoine comparent : l'hypothèque coûterait environ 3 750 € de frais notariés. La caution Crédit Logement leur demande 2 700 € de commission (dont 1 200 € restituables en fin de prêt). Coût net de la caution : 1 500 € contre 3 750 € pour l'hypothèque. Ils choisissent la caution. Leur ami Nicolas, lui, a une assurance-vie de 100 000 € : sa banque accepte un nantissement de ce contrat en garantie de son prêt de 80 000 €, sans frais supplémentaires.

    Points clés à retenir

    • Hypothèque : sûreté réelle sur le bien, acte notarié (~1,5 %)
    • Caution : organisme garant, moins cher, partiellement restituable
    • Nantissement : mise en gage d'un placement financier
    • Crédit Logement : 1er organisme de caution en France

    L'assurance emprunteur

    L'assurance emprunteur garantit le remboursement du crédit en cas de décès, d'invalidité permanente (IPT/IPP) ou d'incapacité temporaire de travail (ITT). Bien qu'elle ne soit pas légalement obligatoire, aucune banque n'accorde un crédit immobilier sans elle.

    Depuis la loi Lemoine (2022), vous pouvez changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni pénalité, à condition que le nouveau contrat offre des garanties au moins équivalentes. Cette loi a aussi supprimé le questionnaire de santé pour les prêts de moins de 200 000 € remboursés avant 60 ans.

    Le coût de l'assurance peut représenter jusqu'à 30 % du coût total du crédit. Il varie selon l'âge, l'état de santé, la profession et le montant emprunté. La délégation d'assurance (assureur externe) est souvent 2 à 3 fois moins chère que le contrat groupe de la banque.

    Exemple concret

    Clara et Antoine, 30 ans, non-fumeurs, en bonne santé, comparent l'assurance groupe de leur banque (0,36 % du capital emprunté, soit 75 €/mois pour 250 000 €) avec une délégation d'assurance chez un assureur externe (0,12 %, soit 25 €/mois). Sur 20 ans, la différence est considérable : 18 000 € avec la banque contre 6 000 € en délégation. Économie : 12 000 €. Grâce à la loi Lemoine, même s'ils avaient signé avec la banque, ils pourraient changer à tout moment.

    Points clés à retenir

    • Garanties : décès, IPT (invalidité permanente totale), IPP, ITT
    • Loi Lemoine (2022) : résiliation à tout moment, sans frais
    • Questionnaire de santé supprimé pour prêts < 200 000 € remboursés avant 60 ans
    • Délégation d'assurance : souvent 2 à 3 fois moins chère que le contrat groupe

    Suivi du crédit : renégociation, rachat, incidents

    La renégociation consiste à demander à votre banque de baisser le taux de votre crédit en cours. C'est intéressant quand les taux du marché ont significativement baissé (écart d'au moins 0,7 à 1 point). La banque peut accepter ou refuser.

    Le rachat de crédit (ou regroupement) consiste à transférer votre prêt vers une autre banque qui propose un meilleur taux. C'est plus efficace qu'une renégociation, mais génère des frais : indemnités de remboursement anticipé (IRA, plafonnées à 6 mois d'intérêts ou 3 % du capital restant dû), frais de nouvelle garantie, frais de dossier.

    En cas d'incidents de paiement (mensualités impayées), la banque peut accorder un report d'échéance (partiel ou total), un réaménagement du prêt (allongement de la durée pour baisser la mensualité), ou en dernier recours prononcer la déchéance du terme (exigibilité immédiate de la totalité du capital restant dû).

    Exemple concret

    Les Dupont avaient emprunté 200 000 € en 2023 à 4,2 % sur 20 ans. Début 2026, les taux sont redescendus à 3,1 %. Ils demandent un rachat de crédit : capital restant dû 185 000 €, IRA = 2 775 € (3 % × 185 000 × 50 %), frais de garantie 1 200 €. Leur nouvelle mensualité passe de 1 232 € à 1 128 €, soit 104 €/mois d'économie. Sur les 17 ans restants, le gain net (après frais) est d'environ 17 000 €.

    Points clés à retenir

    • Renégociation : avec votre banque actuelle, sans frais de dossier
    • Rachat : changement de banque, IRA plafonnées à 3 % du CRD ou 6 mois d'intérêts
    • Report d'échéance : solution temporaire en cas de difficulté
    • Déchéance du terme : mesure ultime, totalité du crédit exigée immédiatement