Acheter là où « tout le monde veut habiter » ?

Pendant longtemps, les grandes métropoles ont rassuré les investisseurs : Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes, villes dynamiques à demande forte.

Mais lorsque les prix montent trop, le rendement chute.

Le calcul parisien

Un appartement acheté 10 000 euros le mètre carré peut se louer 30 à 35 euros par mètre carré par mois, soit un rendement brut à peine supérieur à 4 %.

Une fois les charges, la fiscalité et les travaux déduits, l'investissement peut devenir peu attractif.

Le différentiel des villes moyennes

Ces communes de 10 000 à 200 000 habitants affichent des prix souvent compris entre 1 500 et 3 000 euros le mètre carré, parfois moins — alors que les loyers ne sont pas proportionnellement aussi bas.

Exemple parlant : un studio de 30 m² acheté 65 000 euros à Valenciennes peut se louer 430 euros par mois, soit un rendement brut de 7,9 %. Douai, Tarbes, Pau, Quimper ou Bergerac présentent des configurations comparables.

Mais le rendement ne suffit pas

Une ville peut afficher un bon pourcentage et rester risquée si sa démographie baisse, si les services publics disparaissent, si les emplois reculent ou si la revente est difficile.

La règle d'or : ne jamais construire sa stratégie sur une hypothèse de plus-value. La plus-value est un bonus éventuel, pas le cœur du projet.

Un marché locatif plus tendu qu'on ne l'imagine

Le taux d'occupation atteindrait 97 % pour les logements disponibles sur le marché locatif privé.

Le profil des locataires diffère toutefois des grandes villes étudiantes : jeunes actifs, employés, ouvriers, artisans, familles. Les T2 et T3 sont donc souvent plus adaptés que les studios, sauf en présence d'un pôle universitaire.

L'immeuble de rapport, cible avancée

Un R+2 ou R+3 de quatre à huit logements, accessible à partir d'environ 300 000 euros dans de nombreuses villes, permet parfois d'atteindre l'autofinancement avec un apport de l'ordre de 15 %.

Mais il faut intégrer travaux, taxe foncière, vacance, assurances, gestion locative et fiscalité.

L'immobilier suit l'emploi

Le cas de Douai est instructif. Longtemps associée au bassin minier, la ville bénéficie d'un rebond industriel avec la gigafactory AESC de batteries électriques à Lambres-lez-Douai : 1,3 milliard d'euros d'investissement et près de 2 500 salariés directs attendus à l'horizon 2030.

L'immobilier n'est jamais isolé : il suit l'emploi, les transports, les universités et les infrastructures.

Ce que cela éclaire pour les BTS AURLOM

Filière BTSCe que cela permet d'éclairer
BTS Professions ImmobilièresAnalyse de marché, estimation, rendement, tension locative.
BTS BanqueCrédit, apport, capacité d'emprunt, effet de levier.
BTS AssuranceLoyers impayés, PNO, vacance, risques locatifs.
BTS CGRentabilité brute, nette, TRI, fiscalité, charges.
BTS GPMEGestion d'un petit patrimoine locatif.
BTS NDRCNégociation avec agents, artisans, banques, locataires.
BTS SAMSuivi administratif, baux, diagnostics, dossiers.

Lecture concours / entretien

  • Pour comprendre que rendement et sécurité ne sont pas synonymes.
  • Pour parler de l'immobilier hors métropoles.
  • Pour relier emploi local et attractivité locative.
  • Pour analyser la notion d'effet de levier.
  • Pour montrer l'importance d'un business plan immobilier.

Question type concours

Les villes moyennes sont-elles le nouvel eldorado de l'investissement locatif ?

Mini plan de réponse :

  1. Les prix accessibles améliorent les rendements.
  2. Le choix de la ville et du bien reste déterminant.
  3. Les risques de travaux, vacance et revente doivent être intégrés.

À retenir

  • Les rendements bruts peuvent atteindre 7 à 10 %.
  • Les villes moyennes comptent entre 10 000 et 200 000 habitants.
  • Le taux d'occupation locative peut dépasser 97 %.
  • L'immeuble de rapport peut viser l'autofinancement.
  • La performance se joue surtout à l'achat.

Cet article a une visée pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement.