Tous les incendiaires ne se ressemblent pas
Certains agissent par intérêt : fraude à l'assurance, vengeance, conflit, stratégie criminelle.
Le pyromane, lui, agit autrement. Il ne cherche pas nécessairement un bénéfice matériel. C'est un trouble psychiatrique spécifique, rare mais très difficile à contrôler.
Le décalage entre le geste et la conséquence
Quelques brindilles peuvent suffire. Une action minuscule peut provoquer des milliers d'hectares brûlés, des évacuations, des pertes économiques, des infrastructures détruites.
Un pompier volontaire a ainsi reconnu avoir allumé un feu ayant participé au ravage de 2 200 hectares dans la forêt de Fontainebleau.
Des ordres de grandeur
La pyromanie concerne environ 1 % de la population, majoritairement des hommes de moins de 35 ans.
Sur les 10 % d'incendies volontairement déclenchés chaque année, environ 3 % relèveraient de véritables pyromanes — le reste répondant à d'autres logiques.
Le climat change l'échelle du risque
Forêts plus sèches, sols plus chauds, canicules plus longues, vents plus violents : les milieux deviennent beaucoup plus inflammables.
Le pyromane n'a pas changé. C'est le monde autour de lui qui est devenu plus dangereux. C'est exactement ce qu'on appelle un risque amplifié.
Une lecture philosophique
Gaston Bachelard, dans La Psychanalyse du feu, décrit le feu comme un objet de fascination très ancien. Il rappelle que notre première connaissance du feu est souvent une interdiction : ne pas toucher, ne pas jouer, ne pas approcher.
Transgresser cet interdit peut produire chez certains une jouissance particulière. La pyromanie se situe donc à la croisée du psychique, du social et du symbolique.
Un feu oppose aussi des hommes entre eux
La philosophe Joëlle Zask, dans Quand la forêt brûle, explique que les incendies actuels ne mettent pas simplement « les hommes face à la nature sauvage ».
Ils opposent aussi des hommes entre eux, parce que les dommages frappent des infrastructures, des habitats, des activités économiques, des territoires.
La sécurité environnementale dépasse les pompiers
Elle implique la prévention, la surveillance, la santé mentale, la justice, l'assurance, l'aménagement forestier, la communication publique et l'éducation.
Un incendie ne détruit pas seulement une forêt : il peut bloquer une route, ruiner une saison touristique, frapper une PME, déplacer des habitants, augmenter les primes d'assurance et exiger une communication de crise.
Ce que cela éclaire pour les BTS AURLOM
| Filière BTS | Ce que cela permet d'éclairer |
|---|---|
| BTS MOS | Prévention incendie, sécurité, surveillance de sites. |
| BTS Assurance | Sinistres climatiques, indemnisation, hausse des risques. |
| BTS SP3S | Troubles psychiques, prévention, accompagnement. |
| BTS Communication | Alertes, campagnes de prévention, crise publique. |
| BTS GPME | Continuité d'activité après catastrophe. |
| BTS GTLA | Routes coupées, évacuations, logistique de secours. |
| BTS Tourisme | Impact sur forêts, campings, sites naturels. |
Lecture concours / entretien
- Pour relier climat, sécurité et santé mentale.
- Pour comprendre la notion de risque amplifié.
- Pour parler de prévention plutôt que de simple réaction.
- Pour mobiliser Bachelard et Joëlle Zask.
- Pour montrer que le climat transforme des risques anciens.
Question type concours
Le dérèglement climatique transforme-t-il certains troubles individuels en menaces collectives ?
Mini plan de réponse :
- La pyromanie est un trouble rare mais dangereux.
- Les forêts plus sèches amplifient les conséquences du passage à l'acte.
- La prévention doit combiner santé, sécurité et adaptation climatique.
À retenir
- La pyromanie concerne environ 1 % de la population.
- 10 % des incendies seraient volontairement déclenchés.
- Environ 3 % de ces incendies relèveraient de pyromanes.
- La forêt de Fontainebleau a perdu 2 200 hectares dans le cas évoqué.
- Le climat rend certains gestes beaucoup plus destructeurs.







