Une relation ambivalente

L'être humain regarde les animaux depuis toujours. Il les chasse, les domestique, les peint, les expose, les photographie, les filme, les adore, les mange, les protège parfois.

L'exposition « Modèle animal », conçue par Nathalie Herschdorfer et présentée aux Rencontres de la photographie d'Arles avant Lausanne, parcourt deux cents ans de photographie animalière : environ 600 images sélectionnées à partir d'un ensemble de 10 000 objets.

Il ne s'agit pas de montrer de belles photos d'animaux, mais d'analyser notre regard.

L'animal comme spectacle

La première image évoquée remonte à 1852 : Jean de Bourbon photographie un hippopotame au jardin zoologique de Regent's Park, à Londres.

Le zoo, invention du XIXe siècle, organise la mise en scène du vivant. Le public vient voir des créatures lointaines sans voyager. La photographie prolonge ce dispositif : elle donne accès aux animaux sans se déplacer, puis sans même aller au zoo.

Les plateformes sont nées avec des animaux

La première image publiée sur Instagram en 2010 est une photo de chien. La première vidéo publiée sur YouTube en 2005, Me at the Zoo, montre l'un des cofondateurs du site devant des éléphants au zoo de San Diego - elle totalise aujourd'hui plus de 400 millions de vues.

Sept regards, sept significations

L'exposition découpe le sujet en sept approches : anatomique, performatif, affectif, fasciné, éthique, plastique et viral.

Au XIXe siècle, l'image sert à étudier, mesurer, décomposer le mouvement

  • Eadweard Muybridge photographie les animaux pour comprendre ce que l'œil ne voit pas. Plus tard, la photo animalière devient exploration, puis outil de protection, puis phénomène viral.

L'affectif et le sauvage

Chats et chiens dominent les images du quotidien parce qu'ils sont devenus des membres de la famille. Le terme anglais pets vient d'ailleurs du français « petit », comme « petit enfant ».

À l'inverse, les animaux sauvages fascinent parce qu'ils donnent accès à un monde sans humains - ou du moins à un monde que nous voudrions observer sans être vus.

« Voir sans être vu »

George Shiras, au tournant du XXe siècle, installe des appareils déclenchés automatiquement la nuit dans la région des Grands Lacs. Aujourd'hui, Vincent Munier prolonge cette attente silencieuse de l'animal.

L'éthique devient centrale

Photographier un animal, est-ce le respecter ? Le poursuivre ? L'exposer ? Le protéger ?

Les safaris photographiques, les réseaux sociaux et la course au cliché parfait peuvent mettre la faune en danger. L'image peut remplacer une partie du zoo, mais elle peut aussi prolonger une forme de domination. Produire une image n'est jamais neutre : un photographe choisit un angle, une distance, une attente et une posture éthique.

Ce que cela éclaire pour les BTS AURLOM

Filière BTSCe que cela permet d'éclairer
BTS PhotographieHistoire du regard animalier, cadrage, patience, éthique de la prise de vue.
BTS AudiovisuelDocumentaire animalier, captation, narration visuelle, montage et son.
BTS CommunicationPouvoir viral des images d'animaux, réseaux sociaux, campagnes de sensibilisation.
BTS TourismeZoos, safaris, écotourisme, responsabilité des visiteurs.
BTS ÉditionLivres photo, catalogues d'exposition, textes de médiation.
BTS MCOBoutiques de musée, produits dérivés, expérience visiteur.
BTS SP3SRapport affectif aux animaux, médiation animale, liens sociaux.

Lecture concours / entretien

  • Pour parler de culture visuelle.
  • Pour comprendre l'évolution du rapport humain-animal.
  • Pour relier photographie, zoo, réseaux sociaux et écologie.
  • Pour analyser la responsabilité du photographe.
  • Pour montrer que l'image peut protéger ou exploiter.

Question type concours

La photographie animalière rapproche-t-elle l'humain du vivant ou l'en éloigne-t-elle ?

Mini plan de réponse :

  1. L'image rend les animaux accessibles au plus grand nombre.
  2. Elle peut soutenir la connaissance et la protection.
  3. Elle peut aussi transformer le vivant en spectacle ou en contenu viral.

À retenir

  • « Modèle animal » rassemble environ 600 images.
  • Le corpus de départ compte 10 000 objets.
  • La première image Instagram montrait un chien.
  • La première vidéo YouTube se déroulait dans un zoo.
  • Photographier un animal implique une responsabilité éthique.