Derrière l'insouciance, une organisation lourde

Les festivals d'été donnent une impression de légèreté : la musique, les amis, les spectacles en plein air, les places de village, les arènes, les campings.

Pourtant, un rapport publié en novembre 2025 par le Collectif des festivals écoresponsables et solidaires en région Sud montre que le spectacle vivant est très exposé à la chaleur - et qu'il pèse sur le climat.

La chaleur transforme les lieux

Dans les bâtiments patrimoniaux, les volumes et les murs épais reposent souvent sur un équilibre thermique fragile. Lorsqu'on y rassemble du public, du matériel, de la lumière et du son, on peut enfermer la chaleur au lieu de la dissiper.

À l'extérieur, le problème ne disparaît pas : une scène sombre peut atteindre 70 °C, des sièges en plastique rouge rester à 45 °C jusqu'au soir. Les vieilles pierres d'une ville antique accumulent la chaleur pendant la journée et la restituent la nuit.

Assister à un spectacle en plein air peut donc devenir inconfortable, voire risqué lors d'épisodes caniculaires.

La moitié du bilan carbone vient des déplacements

Selon Héloïse Lesimple, qui avait coordonné le rapport Décarbonons la culture ! pour le Shift Project en 2021, la moitié du bilan carbone d'un spectacle proviendrait des déplacements du public et des artistes.

Les spectateurs viennent en voiture, les artistes circulent avec des camions, les équipes se déplacent, le matériel est transporté. Le repas sur place compte aussi, notamment lorsque la viande de bœuf est très présente.

Le cas d'Avignon

Samuel Valensi, acteur et metteur en scène, parle d'une « absurdité » écologique : 1 900 compagnies dans une seule ville, qui n'est pas conçue pour absorber un tel choc énergétique et climatique.

Il ne remet pas en cause l'intérêt culturel du festival : il alerte sur son organisation.

Réorganiser, pas supprimer

Mutualiser le matériel, coordonner les tournées, privilégier le train, partager les voitures, proposer des repas locaux et végétaux, adapter les horaires, ombrager les lieux, limiter les scènes trop énergivores.

Toutes ces mesures relèvent du pilotage professionnel : elles demandent des compétences en logistique, en gestion, en communication et en production technique.

La culture ne doit pas devenir coupable de tout. Mais elle ne peut plus faire comme si le climat ne la concernait pas.

Ce que cela éclaire pour les BTS AURLOM

Filière BTSCe que cela permet d'éclairer
BTS CommunicationCommunication responsable, prévention du greenwashing, sensibilisation des publics.
BTS AudiovisuelMatériel, lumière, son, énergie, contraintes techniques d'un spectacle.
BTS TourismeFestivals, attractivité locale, gestion des flux, adaptation à la chaleur.
BTS GTLATransport du matériel, mutualisation, déplacements des équipes et visiteurs.
BTS GPMEBudget événementiel, fournisseurs, assurances, coûts écologiques.
BTS SAMCoordination d'équipes, planning, autorisations, adaptation aux risques météo.
BTS MCOExpérience spectateur, accueil, restauration, billetterie et confort.

Lecture concours / entretien

  • Pour parler d'écologie dans le secteur culturel.
  • Pour comprendre l'empreinte carbone de l'événementiel.
  • Pour relier climat, tourisme et spectacles.
  • Pour analyser la notion de responsabilité collective.
  • Pour montrer que la transition concerne tous les secteurs.

Question type concours

La culture doit-elle réduire son empreinte écologique, même au prix de contraintes pour le public ?

Mini plan de réponse :

  1. Les festivals ont un impact carbone réel.
  2. La chaleur rend certains formats plus vulnérables.
  3. La solution passe par l'organisation, pas par la disparition de la culture.

À retenir

  • Une scène sombre peut monter à 70 °C.
  • Des sièges en plastique peuvent atteindre 45 °C.
  • Les déplacements représentent une part majeure du bilan carbone.
  • Avignon concentre environ 1 900 compagnies.
  • La culture doit inventer des formats plus sobres.