PAO, traitement d'image, édition numérique, gestion de production et contrôle qualité : les outils que vous maîtriserez, illustrés par des situations professionnelles réelles.
Le logiciel de référence absolue pour la mise en page professionnelle - 95 % des maisons d'édition l'utilisent.
Concrètement, vous y passez 60 % de votre temps de travail. Exemple : vous mettez en page un roman de 320 pages.
Vous créez un gabarit (master page) avec la marge intérieure de 20 mm (côté reliure), la marge extérieure de 15 mm, le foliotage (numéro de page) en bas centré en Garamond 9 pt. Vous paramétrez les styles de paragraphe : corps de texte en Garamond 11/14 (11 pt, interligne 14 pt), titre de chapitre en Didot 24 pt avec un filet décoratif.
Vous gérez les veuves et orphelines (pas de ligne isolée en haut ou en bas de page), les césures (jamais plus de 3 césures consécutives), et la table des matières générée automatiquement. Pour un magazine, c'est encore plus complexe : grille à 5 colonnes, habillage de texte autour des images, pages publicitaires au format imposé.
Création vectorielle : tout ce qui n'est pas photo est souvent créé sur Illustrator.
Exemple : vous dessinez la couverture d'un livre jeunesse - illustration vectorielle en aplats de couleur, lettrage du titre dessiné à la main puis vectorisé, code-barres ISBN généré et intégré.
Pour un livre technique, vous créez des schémas, des pictogrammes, des infographies. La couverture d'un livre est un objet graphique complexe : première de couverture, dos (dont l'épaisseur dépend du nombre de pages : un dos de 320 pages en offset 80g = 20 mm), quatrième de couverture avec résumé, ISBN, prix.
Le tout en CMJN avec les fonds perdus de 3 mm de chaque côté.
L'ancêtre d'InDesign, encore utilisé dans certaines maisons d'édition historiques et dans la presse quotidienne régionale. Certaines éditions comme Gallimard ou Flammarion ont des archives de milliers de fichiers Quark. Vous apprenez à l'utiliser car il n'est pas rare qu'un éditeur vous demande de rééditer un ouvrage dont la maquette originale est en QuarkXPress 9 - et la conversion vers InDesign n'est jamais parfaite (les styles de texte, les habillages et les tableaux posent problème).
Connaître les deux logiciels est un atout différenciant sur le marché du travail.
Indispensable pour préparer les images des ouvrages. Exemple : vous recevez 150 photos pour un beau-livre sur la Bretagne. Chaque image doit être traitée :
L'outil quotidien du technicien de fabrication pour contrôler les fichiers avant envoi à l'imprimeur. Le preflight (contrôle en amont) vérifie automatiquement : résolution des images (alerte si < 250 dpi), espace colorimétrique (tout doit être en CMJN + tons directs Pantone si besoin), fonds perdus (3 mm minimum de chaque côté), polices incorporées (un PDF sans les polices embarquées = texte substitué = catastrophe).
Exemple : vous préparez le BAT (Bon à Tirer) d'un catalogue de 96 pages pour un imprimeur offset.
Acrobat Pro génère un rapport de preflight : 2 images en RVB (à convertir), 1 image à 150 dpi (à remplacer par une version haute résolution), 1 transparence non aplatie (à corriger).
Vous corrigez, validez, et envoyez le PDF/X-4 certifié.
Outils open source pour créer et gérer les ebooks. Sigil est un éditeur EPUB qui permet de coder directement le XHTML et le CSS de chaque chapitre - c'est le « code source » du livre numérique.
Exemple : vous convertissez un roman papier en EPUB.
Chaque chapitre devient un fichier XHTML, vous créez une feuille de style CSS pour la typographie (taille de police adaptative, marges, lettrines), vous ajoutez les métadonnées (titre, auteur, ISBN numérique, éditeur, description, mots-clés). Calibre est le couteau suisse de la conversion : vous convertissez l'EPUB en MOBI (Amazon Kindle), en PDF, en AZW3.
Vous testez le rendu sur différentes liseuses (Kobo, Kindle, iPad) car chacune interprète le CSS différemment.
Lecteur EPUB qui simule le rendu sur liseuse. Avant de publier un ebook sur les plateformes de distribution (Amazon KDP, Kobo Writing Life, Apple Books), vous vérifiez : la table des matières est-elle cliquable ? Les images s'adaptent-elles à la taille de l'écran (images « responsive ») ? Le texte est-il « reflowable » (il s'adapte à la taille de l'écran et aux préférences du lecteur : taille de police, interligne, police de substitution) ? Les notes de bas de page fonctionnent-elles comme des liens hypertextes ? Un ebook mal conçu = avis négatifs des lecteurs = retrait de la plateforme.
Le XML est l'avenir de l'édition multi-supports. Principe : vous structurez le contenu une seule fois en XML (avec des balises sémantiques : <titre>, <paragraphe>, <citation>, <note>, <illustration>) et vous générez automatiquement plusieurs formats : PDF pour l'impression, EPUB pour la lecture numérique, HTML pour le web, ONIX pour les métadonnées commerciales.
Exemple : un éditeur scientifique publie 200 articles par an en XML JATS (Journal Article Tag Suite) - à partir d'un seul fichier source, il produit le PDF de la revue papier, la version web sur le site de la revue, le fichier EPUB, et les métadonnées pour les bases de données académiques (PubMed, CrossRef).
C'est une compétence de plus en plus recherchée par les grands groupes d'édition.
Logiciels de planification et de suivi de la production éditoriale. Exemple dans une maison d'édition qui publie 80 titres par an : le planning de fabrication montre que le roman de la rentrée littéraire doit être en librairie le 18 août.
En remontant les délais : impression (3 semaines) → BAT et corrections (1 semaine) → mise en page (3 semaines) → relecture/corrections auteur (2 semaines) → réception du manuscrit définitif (15 avril au plus tard).
La GPAO suit chaque titre : état d'avancement (manuscrit reçu, en maquette, en correction, au BAT, en impression, livré), prestataires impliqués (maquettiste freelance, correcteur, imprimeur), coûts réels vs budget.
Outil central du technicien de fabrication. Exemples concrets :
Trello, Asana, Monday pour coordonner la chaîne éditoriale. Exemple avec Trello : un tableau par collection, une carte par titre.
Colonnes : « Manuscrit reçu » → « En lecture » → « Accepté/refusé » → « En maquette » → « En correction » → « BAT » → « En impression » → « En stock ».
Chaque carte contient les deadlines, les fichiers attachés (maquette, BAT), les commentaires de l'équipe. Le directeur de fabrication voit en un coup d'œil les goulets d'étranglement : 5 titres bloqués en correction, le maquettiste freelance est en retard sur 2 projets.
Standards de gestion des couleurs qui garantissent la fidélité colorimétrique entre votre écran et le résultat imprimé. Le FOGRA39 est le profil de référence pour l'impression offset sur papier couché en Europe - quand vous convertissez une image en CMJN avec ce profil, vous savez exactement comment elle sortira sur presse.
Le GRACoL est l'équivalent américain. Votre écran doit être calibré (sonde de calibration X-Rite i1Display Pro, calibration mensuelle : température de couleur 5 000K, gamma 2.2, luminosité 120 cd/m²) sinon vous travaillez « à l'aveugle ».
Exemple : un beau-livre sur la gastronomie française - les couleurs des plats doivent être fidèles.
Vous imprimez une épreuve certifiée (Epson Stylus Pro avec RIP EFI) que vous comparez au rendu écran.
Instruments de mesure des couleurs sur presse. Le densitomètre mesure la densité d'encrage : trop d'encre = empâtement, pas assez = couleurs délavées.
Le spectrophotomètre mesure les valeurs Lab (un langage universel de la couleur indépendant du périphérique). Exemple : lors du calage d'une couverture offset 4 couleurs, l'imprimeur mesure les aplats CMJN et les compare aux valeurs de référence FOGRA.
L'écart colorimétrique (Delta E) doit être inférieur à 5 pour une qualité acceptable, inférieur à 2 pour un beau-livre haut de gamme. Vous êtes parfois invité au « cromalin » (épreuve de calage) à l'imprimerie pour valider les couleurs en personne - c'est un moment clé du métier.
Rejoignez Aurlom et formez-vous à la fabrication éditoriale, à la gestion de projets éditoriaux et à la chaîne graphique.
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