Une ville longtemps traversée sans être regardée
Pendant longtemps, Phnom Penh a été une étape rapide : une nuit ou deux, le musée du Génocide de Tuol Sleng, le palais royal, puis direction Angkor Vat, les îles ou les plages.
La capitale cambodgienne cherche aujourd'hui à sortir de cette image.
Une histoire lourde
Le régime khmer rouge a fait environ 1,7 million de victimes entre 1975 et 1979. La ville a aussi longtemps été associée aux ONG, aux touristes de passage, à une urbanisation désordonnée.
Mais une nouvelle génération d'architectes, de chefs, d'artistes et d'entrepreneurs tente de renouveler le patrimoine khmer.
Le signal de l'infrastructure
L'ouverture d'un nouvel aéroport international en octobre, pour un coût de 2 milliards de dollars, est un signe fort. Foster + Partners, le cabinet britannique qui l'a conçu, présente le bâtiment comme l'expression d'une nouvelle vision pour la capitale.
L'architecture s'inspire de la vannerie traditionnelle. Le lieu reste entouré de rizières, mais il annonce l'arrivée d'une ville-satellite reliée à Phnom Penh par le boulevard Xi-Jinping.
La montée en gamme hôtelière
Le Rosewood Phnom Penh s'installe dès 2018 dans les étages supérieurs de la tour Vattanac Capital, gratte-ciel de 39 étages construit en 2012.
Suites, spa, restaurants, bar en rooftop, cave à vin de 3 000 bouteilles : l'hôtel positionne la ville dans l'univers du luxe international.
La cuisine comme levier d'identité
La cheffe Rotanak Ros, surnommée « Chef Nak », travaille à faire redécouvrir la cuisine khmère. De nouveaux restaurants — Bai Sor, Kinin, Maloop — revisitent les recettes régionales, les herbes, les fleurs de bananier, le lok lak, le poivre de Kampot, la citronnelle.
Les bars à cocktails utilisent des ingrédients locaux comme les oranges vertes de Battambang.
Une scène créative qui s'installe
Factory, ancienne usine Levi's, devient un pôle créatif. L'artiste Fonki, né à Paris de parents cambodgiens réfugiés et grandi à Montréal, s'installe en 2017 et ouvre la FT Gallery. The Gallerist expose des artistes locaux confirmés et émergents.
Le Golden (r)Age Performing Art Festival, créé avec l'Institut français du Cambodge et l'Acting Art Academy, propose dix jours de théâtre contemporain dans sept salles, avec treize productions.
Une transformation à surveiller
Une ville se reconstruit par plusieurs leviers à la fois : infrastructures, tourisme, mémoire, gastronomie, architecture, arts, diasporas, jeunes créateurs.
Mais les risques existent : destruction du patrimoine Art déco ou colonial, tours de verre, spéculation, quartiers qui changent trop vite. Une destination ne devient pas attractive par hasard — elle construit une expérience, et doit choisir ce qu'elle préserve.
Ce que cela éclaire pour les BTS AURLOM
| Filière BTS | Ce que cela permet d'éclairer |
|---|---|
| BTS Tourisme | Repositionnement d'une destination, patrimoine, hôtellerie, circuits culturels. |
| BTS Communication | Storytelling urbain, image de ville, promotion de la scène créative. |
| BTS MCO | Restaurants, bars, hôtels, expérience client, montée en gamme. |
| BTS NDRC | Partenariats entre hôtels, artistes, institutions, agences et investisseurs. |
| BTS Commerce International | Capitale asiatique, investissements internationaux, diaspora, développement urbain. |
| BTS SAM | Coordination d'événements culturels, festivals, galeries, prestataires. |
| BTS GPME | Petites structures créatives, restaurants, galeries, entrepreneuriat local. |
Lecture concours / entretien
- Pour comprendre comment une ville change d'image.
- Pour relier tourisme, gastronomie, art et urbanisme.
- Pour parler de mémoire et de modernisation.
- Pour analyser le rôle des infrastructures dans l'attractivité.
- Pour montrer que la culture peut produire du développement économique.
Question type concours
Comment une ville peut-elle redevenir attractive après une histoire traumatique ?
Mini plan de réponse :
- Phnom Penh part d'une image lourde et d'un patrimoine fragilisé.
- Infrastructures, hôtels, restaurants et artistes renouvellent la destination.
- Le développement doit protéger la mémoire et éviter une modernisation destructrice.
À retenir
- Phnom Penh fut surnommée la « perle de l'Asie ».
- Le nouvel aéroport international a coûté 2 milliards de dollars.
- Le Rosewood s'est installé dans la tour Vattanac Capital en 2018.
- Factory transforme une ancienne usine Levi's en pôle créatif.
- La culture peut relancer l'image d'une capitale.







