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Un petit train traverse un paysage agricole. Des visiteurs photographient les lieux tandis que d’autres habitants continuent à les cultiver. Dans le portfolio publié par Courrier International le 3 septembre 2026, la photographe britannique Catherine Hyland observe les transformations du Yunnan, en Chine.

Son travail, intitulé New World Other, porte notamment sur Dali et ses environs. Il montre un territoire où se croisent plusieurs usages : produire, habiter, voyager et fabriquer des images. Pour les métiers de la photographie et du tourisme, cette coexistence offre un sujet particulièrement riche.

Un paysage peut être à la fois un outil et un décor

Pour une personne qui travaille la terre, un champ est un espace de production. Pour un visiteur, il peut devenir un cadre de promenade ou de portrait. Ces regards ne s’excluent pas, mais ils ne donnent pas la même valeur aux lieux.

Le portfolio juxtapose des scènes de loisirs, des pratiques agricoles et des formes d’habitat. Cette construction évite de réduire la campagne à une seule fonction. Elle fait apparaître des activités qui partagent un espace sans toujours se rencontrer.

Dans son texte de présentation, Catherine Hyland explique s’intéresser au rôle de la photographie dans l’économie locale, notamment autour des prises de vue touristiques et des séances précédant les mariages. Catherine Hyland, présentation de New World Other.

Une aspiration au calme ne mesure pas une migration

Le reportage évoque de jeunes citadins attirés par un autre rythme de vie. La photographe décrit cette évolution à partir de ses séjours et de ses observations.

Le texte précise toutefois que les statistiques ne suffisent pas nécessairement à établir un mouvement massif inverse de l’exode rural. Cette réserve compte. Voir plusieurs personnes adopter un mode de vie ne permet pas de conclure que toute une génération suit la même trajectoire.

Une série photographique peut révéler un phénomène, poser une question et rendre une situation sensible. Pour mesurer son ampleur, il faut d’autres outils : enquêtes, données démographiques et comparaison dans le temps. L’image et la statistique peuvent donc se compléter.

La fabrication des images fait partie de l’histoire

Les scènes consacrées aux prises de vue de mariage ajoutent une dimension particulière. La photographe observe des personnes qui sont elles-mêmes en train de produire leur représentation idéale d’un lieu et d’un moment.

Le paysage devient alors un service. Il peut faire travailler des photographes, des organisateurs, des transporteurs ou des prestataires locaux. La valeur ne se trouve plus seulement dans la visite, mais dans le souvenir que le client veut emporter et partager.

Cette activité pose aussi une question de circulation. Une image séduisante peut attirer de nouveaux visiteurs, qui souhaitent ensuite reproduire la même expérience. Le travail de communication participe ainsi à transformer l’usage du territoire qu’il représente.

Un cadrage sélectionne, une légende précise

Une photographie montre ce qui entre dans le cadre. Elle laisse de côté d’autres personnes, d’autres activités et les moments précédents ou suivants. Ce choix n’est pas en soi un défaut : il constitue le travail de représentation.

La rigueur consiste à ne pas demander à l’image de prouver ce qu’elle ne peut pas établir. Une scène calme ne démontre pas l’absence de tensions. Une foule dans un lieu ne suffit pas à mesurer une fréquentation annuelle.

Les légendes du portfolio situent les prises de vue et décrivent les activités. Elles sont essentielles pour comprendre la relation entre les images. Pour un photographe, écrire une légende fiable fait donc partie du travail documentaire, au même titre que choisir un angle ou une lumière.

Un exercice pour apprendre à regarder autrement

Les étudiants peuvent choisir un lieu proche : marché, gare, parc ou rue commerçante. Ils préparent une série qui montre au moins trois usages différents du même espace. Ils rédigent ensuite des légendes séparant l’observation de l’interprétation.

L’exercice devient plus exigeant lorsqu’ils expliquent ce qui manque à leur enquête. Qui n’a pas été rencontré ? Quels horaires n’ont pas été observés ? Quelles informations seraient nécessaires pour parler d’une tendance ?

FilièreLien avec le sujetEnjeuxNotions
BTS PhotographieConstruction d’une série documentaireRelier cadrage, contexte et légendePoint de vue, séquence, information
BTS TourismeLecture d’un territoireComprendre la coexistence des usagesHabitants, visiteurs, activités
BTS CommunicationReprésentation d’un lieuInformer sans réduire à un décorRécit visuel, sélection, contexte

Le portfolio de Dali rappelle que regarder un paysage, c’est aussi regarder les relations qui l’organisent. Une image peut donner envie de partir ; une série bien construite peut donner envie de comprendre.

Repères

  • Catherine Hyland observe les transformations rurales dans New World Other.
  • Le portfolio relie agriculture, tourisme et pratiques photographiques.
  • Une observation locale ne mesure pas à elle seule une migration nationale.
  • La légende apporte des informations que le cadrage ne peut pas donner.
  • Représenter un territoire demande de considérer plusieurs usages et plusieurs points de vue.