Depuis la rentrée 2025, toutes les notes obtenues en Première et en Terminale ne comptent plus automatiquement pour le bac. Chaque lycée définit, dans un document appelé « projet d'évaluation », quelles évaluations sont certificatives - prises en compte pour le contrôle continu du bac et transmises à Parcoursup - et lesquelles sont à coefficient 0. La plupart des familles l'ignorent. Voici ce que cela change, concrètement.
Ce qui a changé à la rentrée 2025
Jusqu'ici, la règle du contrôle continu était simple à énoncer : toutes les notes de l'année alimentaient la moyenne, et cette moyenne comptait pour 40 % du bac. Un devoir surprise raté un lundi matin pesait, à son échelle, sur le diplôme.
La règle a changé. Désormais, chaque établissement doit distinguer deux catégories d'évaluations :
| Type d'évaluation | Compte pour le bac ? | Transmise à Parcoursup ? | Exemple typique |
|---|---|---|---|
| Certificative | Oui - intégrée au contrôle continu | Oui | Devoir sur table de 2h en conditions d'examen |
| Formative (coefficient 0) | Non | Non | Interrogation de vérification, exercice d'entraînement, test de vocabulaire |
L'intention est pédagogiquement saine : permettre aux élèves de s'entraîner, de se tromper et de progresser sans que chaque tentative soit gravée dans le marbre du diplôme. Séparer le droit à l'erreur de l'évaluation qui compte.
Conséquence pratique : votre enfant reçoit désormais, dans la plupart des lycées, un double relevé - les moyennes « officielles », construites sur les seules évaluations certificatives, et l'ensemble des notes de travail. Deux chiffres qui peuvent différer sensiblement.
Un exemple chiffré, pour bien mesurer
Prenons Léa, en Première, en histoire-géographie, sur un trimestre :
| Évaluation | Note | Statut |
|---|---|---|
| Interrogation de connaissances (20 min) | 15 | Formative - coef 0 |
| Test de repères chronologiques | 16 | Formative - coef 0 |
| Devoir sur table n°1 (2h, composition) | 10 | Certificative |
| Exercice d'analyse de document en classe | 14 | Formative - coef 0 |
| Devoir sur table n°2 (2h, étude critique) | 11 | Certificative |
Moyenne « ressentie » par la famille en regardant le carnet : 13,2. Moyenne certificative - celle qui alimentera le contrôle continu du bac et que liront les formations sur Parcoursup : 10,5.
Presque trois points d'écart. Léa « travaille bien » au quotidien ; elle cale sur le format long. Dans l'ancien système, ses petites notes auraient amorti la casse. Dans le nouveau, elles ne comptent pas : seul le format long compte. Et personne, ni Léa ni ses parents, ne s'en rendra compte avant le bulletin - sauf si quelqu'un leur a appris à lire le bon chiffre.
Cet exemple est fictif dans ses valeurs, pas dans sa structure : c'est le cas de figure le plus fréquent que nous rencontrons en bilan diagnostic depuis la réforme.
Les trois pièges du nouveau système
Piège n°1 : croire que « ça compte moins ». C'est l'inverse. Les évaluations qui comptent sont moins nombreuses, donc chacune pèse plus lourd. Quand la moyenne certificative d'un trimestre repose sur deux ou trois devoirs au lieu de sept, rater l'un d'eux n'est plus un accident dilué - c'est un tiers du trimestre. Le système ne réduit pas la pression : il la concentre.
Piège n°2 : se rassurer avec la mauvaise moyenne. L'élève (et parfois le parent) regarde spontanément la moyenne globale, celle qui inclut les petites interrogations réussies. Mais le bac et Parcoursup, eux, ne verront que la moyenne certificative. Le cas de Léa ci-dessus le montre : 13,2 « en général », 10,5 « en certificatif » - et c'est le 10,5 qui écrit l'avenir. Vérifiez toujours quel chiffre vous lisez.
Piège n°3 : ignorer les règles de son propre lycée. Le projet d'évaluation est propre à chaque établissement. Le nombre d'évaluations certificatives par matière et par trimestre, leur format, leur calendrier : tout cela varie d'un lycée à l'autre - y compris entre deux lycées de Boulogne. Ce document est communiqué aux familles en début d'année. Le lire n'est pas une option : c'est la règle du jeu de votre enfant, écrite noir sur blanc.
Ce que ça change stratégiquement
Le nouveau système redistribue l'effort. Puisque toutes les évaluations n'ont plus la même valeur, la préparation ne doit plus être uniforme : elle doit être ciblée sur les échéances certificatives - qui sont, presque toujours, des devoirs longs en conditions d'examen.
Or c'est précisément le format qui pénalise les élèves fragiles en méthode : gestion du temps sur deux heures, rédaction complète, absence de filet. Un élève peut réussir les petites interrogations (mémoire courte, format guidé) et s'effondrer sur le format long - le seul qui compte désormais. À l'inverse, un élève entraîné au format examen prend un avantage structurel : il performe exactement là où le système regarde.
Notez le renversement : dans l'ancien système, le bon élève était celui qui travaillait tout, tout le temps. Dans le nouveau, le bon élève est celui qui sait où porter l'effort - et qui maîtrise le format long. C'est une compétence stratégique autant que scolaire. Elle s'enseigne.
Comment nous l'avons intégré à notre accompagnement
Au centre, ce changement a modifié trois choses dans notre façon de travailler :
- Le calendrier d'abord. À chaque début de trimestre, nous identifions avec l'élève les évaluations certificatives à venir dans ses matières - dates, formats, chapitres. Le plan de travail du trimestre se construit autour de ces échéances, pas autour d'une révision uniforme.
- Le format long comme rituel. Nos devoirs d'entraînement reproduisent les conditions certificatives : durée réelle, sujet complet, copie rédigée, correction sur les critères de l'examen. L'objectif : que le jour du devoir qui compte, le format soit un terrain connu.
- La lecture du bulletin avec les parents. Au point trimestriel, nous distinguons systématiquement moyenne globale et moyenne certificative, et nous commentons la seconde. Beaucoup de parents découvrent la différence à ce moment-là.
Trois réflexes à adopter dès maintenant
- Demandez le projet d'évaluation du lycée (il est communiqué en début d'année ; le professeur principal peut vous l'indiquer). Repérez, matière par matière, combien d'évaluations certificatives sont prévues par trimestre.
- Apprenez à lire le bon chiffre. À chaque bulletin, identifiez la moyenne certificative - celle qui partira dans le contrôle continu et dans Parcoursup - et suivez sa trajectoire, pas celle de la moyenne globale.
- Faites basculer la préparation vers le format long. Moins de bachotage de veille d'interro, plus d'entraînements en deux heures dans les conditions réelles. C'est le format certificatif qui doit devenir routinier.
Questions fréquentes
Mon lycée peut-il vraiment décider seul de ce qui compte ? Dans le cadre fixé nationalement, oui : le projet d'évaluation est établi par l'établissement. Les moyennes retenues sont validées en conseil de classe puis remontées dans le livret scolaire, avec des commissions d'harmonisation académiques en fin d'année pour garantir l'équité entre lycées.
Les notes à coefficient 0 servent-elles à quelque chose ? Oui, à deux titres : elles restent un outil de progression (c'est leur fonction), et elles nourrissent les appréciations des professeurs - qui, elles, figurent dans les bulletins transmis à Parcoursup. Un élève qui néglige les évaluations formatives se voit rarement gratifié d'une appréciation élogieuse.
Un professeur peut-il transformer une évaluation formative en certificative en cours d'année ? Le cadre est fixé par le projet d'évaluation de l'établissement, communiqué en début d'année - c'est précisément son rôle : donner de la prévisibilité. En cas de doute sur le statut d'un devoir, la bonne pratique est simple : demander au professeur avant l'évaluation, pas après.
Cela concerne-t-il le brevet ? Non, le mécanisme décrit ici concerne le cycle terminal du lycée (Première et Terminale). Le brevet a connu ses propres évolutions - nouveau partage 60 % épreuves finales / 40 % contrôle continu - que nous détaillons dans notre guide du brevet.
Page mise à jour en août 2026. Les règles d'évaluation du cycle terminal ont évolué récemment : nous actualisons cette page à chaque rentrée.
Votre enfant est en Première ou en Terminale et vous découvrez ce système ? C'est exactement le type de mise au point que nous faisons lors du bilan diagnostic gratuit : lecture du bulletin, identification des vraies échéances, plan de travail ciblé. Prendre rendez-vous au centre de Boulogne
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