Nous croyons vivre « dans le monde »
Le philosophe Pascal Chabot propose une autre image : nous vivons dans des capsules.
La plupart du temps, nous sommes installés dans des espaces clos — appartement, voiture, rame de métro, TGV, bureau, café, chambre d'hôtel. Ces espaces ont trois éléments communs : des parois, des sièges et des écrans.
Une expérience quotidienne
On sort d'une capsule-maison pour entrer dans une capsule-voiture ou une capsule-métro, puis dans une capsule-bureau.
Même lorsque nous sommes ensemble, nous pouvons être séparés. Dans un wagon, les corps sont proches, mais chacun est absorbé par son smartphone. Nous partageons l'espace, sans toujours partager l'attention.
Un objet technique ne s'explique jamais seul
Chabot s'appuie sur Gilbert Simondon, philosophe de la technique.
Un smartphone n'est pas un rectangle dans une poche. Il suppose une chaîne de production, des serveurs, des réseaux, de l'énergie, des données, des normes, des usages sociaux.
Penser le smartphone, c'est penser tout le monde qu'il rend nécessaire.
Deux mots pour décrire le présent
Chabot parle de « digitoses » : les pathologies de la fatigue numérique, de la surcharge informationnelle, de l'attention capturée.
Il propose aussi la notion de « hubjet » : le sujet contemporain devenu hub, nœud de connexions, interface permanente entre réseaux, sollicitations, tâches et transactions.
Un diagnostic inquiet, pas pessimiste
Chabot reconnaît que la civilisation contemporaine est « fabuleuse » à bien des égards. La technologie permet de discuter à 9 700 kilomètres, d'apprendre, de travailler, de voyager, de créer.
Le problème vient du déséquilibre : notre corps est enfermé dans des capsules pendant que notre esprit est branché partout.
Un sujet directement étudiant
Cours, révisions, alternance, transports, messageries, réseaux sociaux, écrans multiples : leur vie est souvent hyperconnectée.
Le risque n'est pas seulement de « perdre du temps ». Il est de perdre la qualité de présence, le silence, l'attention profonde, l'expérience du dehors.
Le numérique comme milieu de vie
Un étudiant en SIO doit comprendre l'infrastructure. Un étudiant en Communication doit comprendre l'attention. Un étudiant en SAM ou GPME doit comprendre la surcharge informationnelle dans l'organisation.
Le smartphone n'est pas notre ennemi. Mais il est devenu notre atmosphère. Et une atmosphère, cela se respire, cela s'aménage, cela se rend parfois irrespirable.
Ce que cela éclaire pour les BTS AURLOM
| Filière BTS | Ce que cela permet d'éclairer |
|---|---|
| BTS SIO | Réseaux, objets connectés, infrastructures invisibles. |
| BTS Communication | Attention, sollicitations, messages, surcharge. |
| BTS SAM | Gestion des mails, outils, fatigue numérique. |
| BTS GPME | Organisation du travail et hyperconnexion. |
| BTS MCO | Expérience client numérisée, écrans en point de vente. |
| BTS SP3S | Effets sur la santé mentale et l'isolement. |
| BTS ESF | Vie quotidienne, équilibre écrans et corps. |
Lecture concours / entretien
- Pour penser le numérique comme milieu de vie.
- Pour comprendre la fatigue informationnelle.
- Pour relier technique, corps et société.
- Pour parler de burn-out et d'attention.
- Pour donner une lecture philosophique du smartphone.
Question type concours
Sommes-nous plus connectés au monde ou enfermés dans nos capsules ?
Mini plan de réponse :
- Les technologies élargissent nos possibilités d'action.
- Elles enferment aussi nos corps dans des espaces médiatisés.
- Il faut rééquilibrer connexion, présence et attention.
À retenir
- Chabot décrit un monde de capsules interconnectées.
- Le smartphone suppose tout un réseau technique invisible.
- Les « digitoses » désignent les pathologies numériques.
- L'hyperconnexion peut créer de l'épuisement.
- La technique doit être pensée comme un milieu de vie.







