Le désir a mauvaise réputation

Dans beaucoup de traditions morales, il serait ce qui nous détourne de la raison, nous rend dépendants, nous pousse à vouloir toujours plus.

Mais il peut aussi être ce qui nous met en mouvement, nous fait créer, aimer, travailler, progresser, choisir.

Schopenhauer : désirer, c'est manquer

Il voit le désir comme l'expression de la Volonté, une force irrationnelle et insatiable qui traverse tous les êtres vivants.

Dès qu'un désir est satisfait, un autre apparaît. La vie oscille alors entre souffrance, quand on n'a pas ce qu'on veut, et ennui, quand on l'a obtenu.

Pour sortir de ce cercle, Schopenhauer valorise l'ascèse : réduire les désirs, s'en détacher, chercher une forme de paix.

Nietzsche : le désir est puissance

Il refuse cette vision. Dénigrer le désir revient selon lui à dénigrer la vie.

Le désir n'est pas seulement manque : il nous pousse à créer, aimer, affronter, nous dépasser. Nietzsche se moque des ascètes qui veulent éteindre la vie sous prétexte de sagesse.

Il invite au contraire à dire oui à l'existence, à transformer l'épreuve en force, à rallumer le désir de désirer.

Deux conseils d'orientation contradictoires

« Suis ta passion » et « sois raisonnable ».

Les deux sont insuffisants seuls. Suivre tous ses désirs peut conduire à l'instabilité. Les nier complètement peut mener à une vie sèche, choisie par peur plutôt que par élan.

Distinguer superficiel et profond

Vouloir un métier parce qu'il est à la mode n'est pas la même chose que le vouloir parce qu'il correspond à une énergie durable.

Aimer l'idée de travailler dans la communication ne suffit pas : il faut aimer les tâches réelles — écrire, organiser, relancer, analyser, créer, présenter.

Vouloir faire du commerce ne suffit pas : il faut accepter la prospection, les refus, les objectifs, les clients difficiles.

Ce que cela signifie pour un BTS

Un BTS ne doit être choisi ni par simple impulsion, ni par renoncement complet à soi.

Il doit articuler désir, compétences, marché, réalité des métiers et projet de vie. Nietzsche rappelle l'importance de l'élan. Schopenhauer rappelle les pièges de l'insatiabilité.

Une bonne orientation ne consiste pas à obéir aveuglément à ses désirs, ni à les étouffer. Elle consiste à les éduquer.

Ce que cela éclaire pour les BTS AURLOM

Filière BTSCe que cela permet d'éclairer
BTS CommunicationDésir de créer, mais réalité des contraintes.
BTS NDRCAmbition, objectifs, frustration commerciale.
BTS MCOMotivation, relation client, rythme terrain.
BTS SAMOrganisation entre envie et discipline.
BTS GPMEProjet entrepreneurial, risque et patience.
BTS ESFÉquilibre personnel, besoins, modes de vie.
BTS TourismePassion du voyage et contraintes professionnelles.

Lecture concours / entretien

  • Pour parler d'orientation de manière philosophique.
  • Pour distinguer envie immédiate et désir profond.
  • Pour mobiliser Nietzsche et Schopenhauer.
  • Pour réfléchir au rapport entre ambition et frustration.
  • Pour construire un projet réaliste sans renoncer à l'élan.

Question type concours

Faut-il suivre ses désirs pour réussir sa vie ?

Mini plan de réponse :

  1. Le désir peut être une puissance créatrice selon Nietzsche.
  2. Il peut aussi produire frustration et dépendance selon Schopenhauer.
  3. Une vie construite suppose d'éduquer ses désirs plutôt que de les subir.

À retenir

  • Schopenhauer voit le désir comme source de souffrance et d'ennui.
  • Nietzsche voit le désir comme affirmation de la vie.
  • L'orientation doit distinguer passion réelle et fantasme.
  • Le désir doit être confronté à la réalité des métiers.
  • Réussir, c'est transformer un élan en projet.