Avant l'icône, l'enseignant
On imagine Sartre en figure publique : Saint-Germain-des-Prés, existentialisme, théâtre, engagement politique, refus du prix Nobel.
On oublie qu'il fut professeur de philosophie pendant près de dix ans, entre 1931 et 1944, au Havre puis à Paris.
Un document exceptionnel
Un ancien élève, Maurice Mermet, aujourd'hui centenaire, a retrouvé ses cahiers de terminale « Math Élém » de 1942-1943, au lycée Condorcet.
À l'époque, Mermet a 16 ans. Il ne sait pas encore que son professeur deviendra l'une des grandes figures intellectuelles du XXe siècle.
Le portrait d'un homme ordinaire
Il voit surtout un homme petit, mal habillé, avec de grosses lunettes, une voix perçante, des poches pleines de tabac et de pipes, et une serviette de cuir contenant parfois du fromage ou du saucisson — luxe impressionnant en période de rationnement.
Un professeur sérieux, presque modeste
Il prépare ses élèves au bac. Il annote les copies. Il explique Descartes, la conscience, la vérité, la morale, la psychologie.
Il refuse certaines parties du programme officiel, notamment la métaphysique classique liée à Dieu et à l'âme, mais il ne transforme pas son cours en meeting politique. Maurice Mermet insiste : son enseignement se voulait objectif et logique.
Un contexte qui donne de la profondeur
Nous sommes sous l'Occupation. Le programme de 1942 introduit des inflexions liées au régime de Vichy, notamment autour de l'amour du travail et du respect de la famille.
Sartre ne déclare pas frontalement son opposition, mais il conserve une indépendance. Il propose aussi à ses élèves d'aller voir Les Mouches, pièce qui peut être lue comme un appel à la liberté face à la culpabilité imposée.
Un Sartre avant Sartre
Avant l'icône, il y a l'enseignant. Avant la tribune, il y a la classe. Avant les slogans, il y a la patience pédagogique.
La trace longue de l'école
Maurice Mermet a ensuite fait Polytechnique, l'École des mines, puis une carrière d'ingénieur. Il n'a pas fait de philosophie, mais il dit avoir eu de la chance d'avoir eu un bon professeur.
L'école peut laisser une trace très longue, même quand elle ne détermine pas directement le métier final. Un bon cours peut dormir quatre-vingts ans dans un carton, puis revenir éclairer toute une époque.
Ce que cela éclaire pour les BTS AURLOM
| Filière BTS | Ce que cela permet d'éclairer |
|---|---|
| BTS SAM | Prise de notes, organisation, transmission. |
| BTS Communication | Pédagogie, clarté, posture de parole. |
| BTS Édition | Publication d'archives, cahiers, documents. |
| BTS Audiovisuel | Documentaire historique, reconstitution. |
| BTS GPME | Rôle de la formation dans les parcours. |
| BTS SIO | Numérisation d'archives pédagogiques. |
| BTS SP3S | Éducation, transmission, accompagnement. |
Lecture concours / entretien
- Pour comprendre la transmission des savoirs.
- Pour découvrir une facette méconnue de Sartre.
- Pour parler de l'école comme lieu de formation de soi.
- Pour valoriser les archives scolaires.
- Pour relier philosophie, histoire et pédagogie.
Question type concours
Un grand penseur est-il d'abord un bon transmetteur ?
Mini plan de réponse :
- Sartre a été professeur avant d'être une icône intellectuelle.
- Ses cours montrent un souci pédagogique et méthodique.
- La transmission scolaire peut marquer durablement les parcours.
À retenir
- Sartre enseigne au lycée entre 1931 et 1944.
- Maurice Mermet conserve ses cahiers de 1942-1943.
- Sartre prépare sérieusement ses élèves au bac.
- Le cours se déroule sous l'Occupation.
- Une salle de classe peut devenir un lieu d'histoire intellectuelle.






