Une guerre commerciale devenue structurelle
Depuis 2018, les tensions commerciales entre les trois grands blocs (États-Unis, Chine, Union européenne) se sont installées dans la durée. Selon l'OMC, la part des échanges mondiaux couverts par des restrictions à l'importation est passée de 1 % en 2015 à plus de 12 % en 2024. Le FMI estime qu'une fragmentation prolongée pourrait coûter jusqu'à 7 % du PIB mondial à long terme (World Economic Outlook, 2023).
Trois blocs, trois stratégies
- États-Unis : politique de tarifs Trump-Biden maintenue, extension aux véhicules électriques chinois (100 % de droits de douane en 2024) et aux semi-conducteurs.
- Chine : réponse par des restrictions à l'export de gallium, germanium et graphite, matériaux clés pour les puces et les batteries.
- Union européenne : enquête anti-subvention sur les VE chinois (droits additionnels de 17 à 35 % en 2024), mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) en montée en charge jusqu'en 2026.
Ce que cela change pour les entreprises
| Secteur | Impact principal | Réponse observée |
|---|---|---|
| Automobile | Droits UE et US sur VE chinois | Usines chinoises en Hongrie, Espagne |
| Semi-conducteurs | Chips Act US et UE (43 Md EUR) | Nouvelles fabs (TSMC Dresde, Intel Magdebourg) |
| Métaux critiques | Restrictions Chine | Réouverture de mines en UE et Canada |
| Agroalimentaire | Sanctions et rétorsions | Réorientation vers marchés ASEAN, Afrique |
Un enjeu stratégique pour l'Europe
L'UE reste très dépendante : 98 % des terres rares raffinées viennent de Chine, 90 % du magnésium, 70 % du lithium raffiné (Commission européenne, 2023). Le Critical Raw Materials Act (2024) vise 10 % de production interne, 40 % de raffinage et 25 % de recyclage d'ici 2030.
Ce qu'il faut retenir
- 12 % des échanges mondiaux sont sous restriction (OMC, 2024).
- Le FMI évalue le coût de la fragmentation à jusqu'à 7 % du PIB mondial.
- Les VE chinois subissent 17 à 35 % de droits additionnels en UE, 100 % aux États-Unis.
- L'UE cherche à sécuriser son accès aux métaux critiques via le CRMA.




