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Oral d'admission aux grandes écoles : maîtrisez le non-verbal

Ne partez surtout pas de l'idée qu'un entretien oral ne se joue qu'à l'oral ou, en d'autres termes, que seuls vos propos comptent. Vous commettriez là une lourde erreur et passeriez à côté d'une dimension essentielle des entretiens. Cette autre dimension a trait à tout ce que vous émettez, transmettez et communiquez hors votre voix et joue, dans la perception qu'aura votre jury de votre personne, un rôle parfois inconscient mais souvent déterminant.

Votre posture générale 

Votre corps parle. Votre démarche parle. Votre poignée de mains parle. La façon dont vous êtes assis parle. Vos mouvements et vos gestes sont autant de mots. Quand vous vous taisez, vous parlez quand même ou, plus exactement, votre corps parle pour vous.

La prépa Aurlom vous apprend à veiller à ce langage de votre corps que, consciemment ou pas, certains membres de jury décoderont et traduiront.

Avant même que votre entretien ne commence, vous avez en fait déjà commencé. En entrant dans la salle, en montrant votre corps en mouvement aux membres de votre jury, vous communiquez déjà envers et avec eux. Vous devez donc entrer dans la salle d'un air assuré, serein, déterminé. Votre angoisse ou votre timidité, qui vous amèneraient par exemple à ne pas regarder autour de vous, ni a fortiori les membres du jury, pourraient être repérées. Un excès de certitude, que trahirait votre démarche trop assurée, voire conquérante, également.

La posture générale que vous adopterez, le plus souvent sans y prêter attention, en vous asseyant, participera également de la perception de vous qu'aura immédiatement le jury. Ne vous asseyez surtout pas en retrait, vous signifieriez immédiatement la défiance ou la crainte que vous ressentez, mais asseyez-vous au contraire de telle façon que vous vous retrouvez un peu penché vers l'avant. Posez vos avant-bras (pas les bras entiers, vous n'êtes pas au café !) sur la table qui est devant vous.

Durant l'entretien, à l'identique, vous devez également surveiller votre corps. Ne faites jamais reposer votre tête sur votre bras ou votre main, vous émettriez un préjudiciable message d'ennui. Ne reculez pas votre chaise lorsqu'une question que vous vivez comme délicate vous est posée, vous faites comprendre que la question vous gêne en voulant vous éloigner, même symboliquement, de vos interlocuteurs…

À l'identique du reste de votre corps, vos jambes doivent, durant vos entretiens, vous obéir. Idéalement, vos jambes, ainsi que votre corps dont elles sont un des prolongements, ne doivent que peu bouger durant vos entretiens. Changer fréquemment de position traduirait et trahirait en effet de la nervosité ou de l'impatience de votre part…

Vos regards

Vous savez bien, dans votre vie privée, que les regards sans mots en disent parfois fort longs, ainsi d'ailleurs, a fortiori, que les mots appuyés par le regard. Les yeux sont au fond une bouche à laquelle il manque la parole.

Votre regard constitue le socle et de votre propos, vient le renforcer et y apporter de la conviction. Pourtant, nombreux sont les candidats, manifestant d'ailleurs ainsi leur angoisse, qui ne regardent que furtivement et ponctuellement les membres du jury. Or, vous devez impérativement les regarder bien en face, sans baisser les yeux.

De deux choses l'une : soit vous y êtes habitué de façon générale, et le ferez alors de façon naturelle, soit vous ne le faites que peu et le ferez encore moins. Vous n'avez cependant pas le choix : l'absence ou la rareté de regard peuvent vous faire passer pour timide et peu sûr de vous, ou, à l'inverse, présomptueux et suffisant. Observez-vous dès aujourd'hui, en toutes circonstances, qu'il s'agisse de dialogues avec des amis ou des connaissances, de commandes passées dans un restaurant, à un guichet lorsque vous achetez quelque chose, dans un magasin…

De façon générale, recherchez-vous les yeux des autres ou les subissez-vous ? Vous servez-vous de votre regard pour appuyer votre propos ou détournez-vous les yeux parce que les autres s'en servent ? Quoi qu'il en soit, vous n'avez pas le choix. Vous devrez regarder les membres de votre jury dans les yeux.

Vos sourires 

Les sourires font également partie intégrante de votre communication non verbale. Le mieux et le moins bien sont l'ennemi du bien. Entre certains étudiants ne cessant pas de sourire et d'autres donnant l'impression d'être une bête à l'abattoir, le juste milieu se situera, logiquement, entre les deux. Le mieux et le moins bien sont l'ennemi du bien. Entre certains étudiants ne cessant pas de sourire et d'autres donnant l'impression d'être une bête à l'abattoir, le juste milieu se situera, logiquement, entre les deux. Par voie de conséquence, vos sourires seront peu fréquents et viendront rythmer votre échange, en marquer et en accentuer les moments importants. 

Dans ce registre également, il importe que vous vous connaissiez bien. Observez vous devant une glace ou demandez à votre entourage si vous faites plutôt partie des « souriants » ou des « non-souriants ». Si vous pouvez effectuer des sourires visant à recueillir une forme d'adhésion au propos que vous venez de tenir, il est revanche de nombreux sourires à proscrire. Vous devez d'autant plus y veiller que ces derniers sont souvent émis inconsciemment, mais en disent la plupart du temps bien plus que des mots…

Les sourires à éviter 

Premier sourire à éviter : le sourire narquois. Ce sourire consiste à exprimer, sans mots, une forme de moquerie condescendante à l'endroit de votre interlocuteur, se traduisant plus trivialement par « cause toujours, tu ne m'intéresses pas et je ne te crois pas ».

Deux autres sourires sont à proscrire : le sourire enjôleur et le sourire implorant. S'il est vrai que vous vous inscrivez, au fond, face à votre jury, dans une opération de séduction, veillez à ne pas trop en faire. Quel que soit votre sexe, vous devez éviter de donner l'impression de vouloir trop ouvertement séduire, au sens propre, votre jury. De même devez-vous proscrire absolument tout sourire à caractère implorant ou suppliant, signifiant « s'il vous plaît, prenez-moi ».

Il est en revanche un sourire que vous pouvez utiliser, mais avec parcimonie, le sourire traduisant vos doutes ou votre scepticisme. S'il ne s'agit pas pour vous d'être systématiquement d'accord avec les membres de votre jury, vous devez être attentif à ne pas trop le montrer. La répétition de ce sourire donnera à penser que vous vous situez fréquemment en opposition de pensée avec votre jury, ce qui, en toute logique, n'a pas de raison d'être. 

Vos silences, vos pauses 

Comme l'écrivait Sacha Guitry, « quand on a entendu du Mozart, le silence qui suit est encore du Mozart »… Sans vous prendre pour le prodige de Salzbourg, vous devez savoir user des différents types de silences propres à mettre en valeur vos propos. Les silences et pauses que vous pouvez effectuer sont en effet autant d'intonations que vous émettez, bien qu'elles ne portent pas sur des mots.

Les silences que vous allez faire avant de répondre

Suite à certaines questions en effet, vous devez prendre un temps, une pause, donc faire silence, avant de vous lancer et de répondre. Ce silence, d'une durée de quelques secondes, précédant votre réponse remplit en effet plusieurs fonctions importantes.

Tout d'abord, il vous permet de réfléchir rapidement et d'ordonner votre réponse. Prenons un exemple. La question qui vous est posée porte sur ce que vous avez appris lors de telle ou telle expérience, un stage par exemple. Les quelques secondes que vous allez vous accorder vous permettront de rassembler les éléments de votre réponse et de la structurer. Vous commencerez ensuite à répondre : « au fond, si je fais le bilan, trois choses essentielles… »

La seconde raison d'être de votre silence réside en le fait que vous donnerez ainsi l'impression de ne pas avoir trop préparé, donc de rassembler vos idées suite à la question.

Dernière fonction de votre silence introductif : vous flattez votre interlocuteur en lui faisant comprendre que vous considérez sa question comme importante, donc justifiant un temps de réflexion avant d'y répondre.

Les silences internes à vos réponses

Il s'agira des silences que vous observerez avant et/ou après un mot, une expression, un chiffre important. Afin de les faire mieux ressortir, vous devez encadrer vos éléments clés par deux silences d'une seconde, afin de laisser le jury se pénétrer tout à la fois de ce que vous venez de dire et du fait que les silences que vous avez observé signifiaient l'importance que vous lui accordiez.

Vos mains 

Vos mains sont la voix de votre corps. Elles sont également vos pires ennemies et, potentiellement, vos meilleures alliées. Tout orateur sait d'expérience que l'un des aspects les plus délicats et les plus complexes de la prise de parole consiste en la gestion de ses mains.

« Cela ne loupe pas. Si vous regardez les mains des candidats, vous sentez à coup sûr si vous avez en face de vous un candidat serein ou anxieux. Ce sont souvent les mains qui trahissent le stress, c'est là qu'il se réfugie et qu'il s'exprime ». Joaquim, psychologue d'entreprise, membre de jurys d'admission

Observez des orateurs chevronnés, vous vous apercevrez que leurs mains, qu'ils soient assis ou debout, servent au fond à appuyer leurs propos, à les accentuer, à les faire partager. De fait, leurs mains ne sont pas dissociées de leur discours, elles en constituent le prolongement amplificateur. Si vous ne parvenez que difficilement à vous habituer à accompagner et amplifier vos propos par vos gestes, astreignez-vous à ne pas bouger les mains. Posez-les sur la table jusqu'aux poignets et surveillez-les !

Votre tenue 

Pour une fois, le mieux n'est pas l'ennemi du bien. Comme vous le savez, les jurys d'admission apprécient que les étudiants se présentant à eux se vêtent « façon cadre ». En d'autres termes, vous n'avez pas le choix, et surtout pas le choix de prendre des risques inutiles.

Ne croyez pour autant pas que les jurys ont partie liée avec les fabricants de costumes ou de cravates ! La vraie raison de l'attente des jurys en matière vestimentaire réside en le message qu'ils vous font, par ce biais, passer. Ils savent en effet très bien que, sauf exception, le port de ce type de vêtements vous est peu familier. Mais c'est justement parce qu'il vous est peu familier que son port doit vous aider à prendre conscience des enjeux.

Si le costume ou le tailleur, suivant votre sexe, semble donc préférable, vous devez prendre une précaution supplémentaire. Le port de vêtements inhabituels participera à votre prise de conscience des enjeux, mais également du stress en découlant. Vous devez donc impérativement veiller à ne pas en rajouter. Pour ce faire, vous devez vous sentir bien dans vos vêtements et vos chaussures. Soyez donc attentif à ne pas porter de vêtements un peu justes ou trop neufs, ils vous handicaperaient dans vos mouvements et votre expression, donc dans votre bien-être.