Commerce
& Management

#stories

Admissions parallèles : pourquoi les écoles misent tout sur le dossier de candidature

Pourquoi un dossier de candidature ? Son évolution de 1989 à 2021 

Jusqu'en 2014, hormis l'Essec, quasiment aucune école ne recrutait sur dossier. La majorité des écoles organisaient en effet des épreuves écrites puis orales et ne demandaient donc aucun dossier. Fini le temps où l'on pouvait candidater avec un CV vide comme une coquille ! 

Il fut une époque où les concours d'entrée aux grandes écoles pour les admissions parallèles ressemblaient fortement à ceux qui sont encore organisés aujourd'hui pour les candidats issus des classes préparatoires aux grandes écoles. On retrouvait ainsi à HEC des épreuves de synthèse, de mathématiques, de philosophie, d'économie, d'anglais (avec des exercices de thème et de version !). L'EM Lyon recrutait sur dissertation, et l'Edhec sur une épreuve d'anglais et une épreuve de synthèse... Quasiment aucune école ne demandait un CV ou une lettre de motivation. Quasiment aucune école ne s'intéressait donc (hormis un peu à l'oral) aux parcours académiques, professionnels ou extra-scolaires de ses candidats. 

Les concours d'entrée via les admissions parallèles n'étaient donc qu'assez peu plébiscités par les étudiants en Licence ou Master. Le nombre de places proposées étaient en moyenne 3 fois moindre il y a 15 ans comparativement au nombre de places proposées aujourd'hui et cette voie d'admission était fortement décriée par la filière CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles) qui accusait les candidats aux admissions parallèles de leur « voler » des places, partant du postulat que (1) les places proposées aux candidats des admissions parallèles sont autant de places en moins proposées aux candidats de la filière CPGE et (2) les épreuves proposées à l'écrit sont moindre (en nombre) et plus faciles. 

En conséquence de cela, les écoles ont progressivement fait le choix d'abandonner ces épreuves écrites qui leur étaient propres pour accorder une place prépondérante voire exclusive au fameux « dossier de candidature », ce dernier contenant pour la majorité des écoles les relevés de notes obtenues sur les dernières années, un CV, une lettre de motivation, un score obtenu au TAGE MAGE (ou au GMAT pour quelques écoles) et un score obtenu à un test d'anglais (TOEIC, TOEFL ou IELTS). 

De notre point de vue, il s'agit bien entendu d'une évolution que l'on ne peut que saluer car elle permet enfin de valoriser des profils qui, comparativement à ceux que l'on peut trouver dans la filières CPGE, ont quelque chose de très différent à apporter. 

Parce que l'objectif est clair : "détecter les meilleurs potentiels" 

Avec un nombre croissant de candidatures (3 à 4 fois plus de candidats comparé à il y a 15 ans) et un nombre de places qui n'a été multiplié que par 2 en moyenne pour le Top 6 des meilleures écoles, la concurrence fait rage et les écoles en profitent donc pour sélectionner les meilleurs profils. Plus il y a de candidats et plus les chances de détecter les meilleurs profils sont grandes. Le dossier de candidature représente ainsi pour les écoles un outil d'une efficacité redoutable tant il contient un nombre impressionnant d'informations mises à leur disposition. 

Le dossier de candidature : une empreinte personnelle de son parcours 

Le dossier de candidature n'est pas une étape particulièrement difficile à surmonter tant il doit ressembler à son auteur. Un seul mot d'ordre : le storytelling ! Littéralement « raconter une histoire », ou plutôt son histoire, il ne s'agit pas de mentir ou de romancer, mais de mettre en avant un profil humain, aguerri et ayant une lecture de son destin assez sereine. Raison pour laquelle on peut mettre en avant ses atouts : ses expériences professionnelles, associatives ou encore sportives, mais aussi ses échecs, dans le sens où ceux-ci ont été particulièrement enrichissants. Ainsi, tout ce qui fait le sel d'une personnalité est à mettre en avant comme autant d'atouts pour faire valoir sa singularité et la richesse de son parcours, au profit d'une école de commerce, et des autres étudiants. 

Comment mettre en avant sa candidature ? Deux réalités doivent absolument ressortir de votre profil : la cohérence et la persévérance. D'une part, la cohérence. En effet, la plupart de vos choix doivent répondre à une certaine logique, en d'autres termes mettre en avant la synergie dans toutes vos décisions : BTS/IUT + Licence 3 + PGE = projet professionnel. On entend par là faire ressortir de ces choix qu'ils sont le fruit d'une réflexion personnelle à court, moyen et long termes. Chaque choix doit ainsi être expliqué et étayé, au regard d'une réalité socio-économique notamment.

D'autre part, la persévérance. Certes, il a pu vous arriver d'échouer, mais vous n'avez jamais cessé de croire en vos chances et votre réussite. Ainsi, les échecs seront mis en avant comme autant d'expériences à valoriser, car instructives et enrichissantes d'un point de vue plus personnel. Un échec permet de se connaître, et nombreux sont les jurys à poser la question suivante : « quel est votre principal échec ? », ce à quoi il faut confesser une réalité qui au final a été plus instructive à moyen et long termes qu'éprouvante à court-terme. 

Le dossier de candidature : la recherche d'une vraie technicité 

Le dossier doit également mettre en avant la capacité d'un étudiant à acquérir un savoir-faire, des outils théoriques, des compétences opérationnelles : en somme des hard skills. Il s'agit d'habiletés techniques développées au cours d'une expérience professionnelle notamment, mais aussi en cours. Un étudiant ayant développé des aptitudes commerciales, la maîtrise de certifications techniques telles que les normes ISO, ou encore l'aptitude à se servir d'un logiciel de comptabilité : autant d'atouts réels dans un monde professionnel faisant la part belle aux profils techniques. 

Les hard skills sont des savoirs-faire techniques, que l'étudiant aura acquis à la fois à travers des stages, des alternances, mais aussi et évidemment durant son cursus. Ces compétences sont de réels atouts, notamment en admissions parallèles, car ils sont une vraie richesse pour l'école, mais aussi car ils sont parfaitement complémentaires avec les cursus en Master ou PGE envisagés. Nombreux sont les ingénieurs ou les diplômés de parcours médicaux (pharmacie notamment) à venir en école de commerce pour donner une coloration business à leur cursus, afin d'accéder à des postes à responsabilité nécessitant des aptitudes au management que seules les écoles de commerce dispensent. 

Parce qu'il faut bien offrir aux admissions parallèles ses lettres de noblesse

Le dossier de candidature : la démonstration de l'adéquation entre un projet, une école et vous 

Plusieurs aspects viennent appuyer votre candidature dans un dossier d'inscription. Tout d'abord, les pièces justificatives à joindre à votre dossier. Il s'agit souvent d'un CV, d'une lettre de motivation, de relevés de notes ou encore de lettres de recommandation. Le bon choix et la juste rédaction de ces pièces si importantes sont la clé d'une bonne lecture et d'une bonne appréhension de votre dossier par le jury. 

Plus spécifiquement, la lettre de motivation et le CV doivent correspondre à l'école et au projet professionnel soutenu. En effet, il faudra mettre en avant les expériences les plus significatives pour faire comprendre au jury que votre profil est en pleine adéquation avec l'école. Il s'agit ainsi de faire comprendre à quel point la combinaison de votre cursus et de l'école que vous visez est seule à même de concrétiser votre projet professionnel. 

Le dossier de candidature : un vrai effort d'argumentation 

Il faudra bien évidemment trouver l'argumentation la plus efficace pour faire de son dossier un catalyseur de réussite. Il s'agit dès lors de réfléchir à la stratégie pour convaincre le jury de valider votre dossier. Tout d'abord, certaines écoles font comporter dans le dossier d'inscription des questions personnelles : il ne s'agit pas là de mentir ou d'édulcorer une situation, mais bien de décrire une réalité vécue. En effet, les questions posées au préalable peuvent servir de support à un entretien oral mené par la suite. Dès lors, impossible de manquer de lisibilité et de vérité entre le dossier d'inscription déposé au début de l'année, et l'entretien qui peut avoir lieu 6 mois plus tard. 

Là aussi, l'argumentation repose avant tout sur la cohérence, mais aussi sur la complémentarité de votre cursus avec l'école visée et le projet professionnel souhaité. Ne jamais mentir est un objectif clé ! Ne pas oublier que chaque profil est atypique et que chaque candidat dispose d'une capacité immense à tirer profit de sa propre existence : en d'autres termes, il est possible de capitaliser sur de nombreuses expériences de vie, prouvant à la fois un réel sens des responsabilités et des valeurs, mais aussi une certaine capacité d'adaptation et une constance dans la poursuite d'un objectif universitaire et professionnel. 

Pour tirer la filière vers le haut 

Le dossier de candidature : une première validation des « acquis de l'expérience » 

Le dossier de candidature fait sans conteste la part belle aux expériences professionnelles. En effet, le jury appréciant les dossiers peut ainsi juger de la capacité d'un candidat à avoir eu à la fois des expériences en entreprise significatives, mais aussi des expériences associatives, développant une capacité à gérer une équipe, un projet et un budget. C'est évidemment la possibilité pour certains étudiants de mettre en avant leurs éventuelles études en alternance, expériences à la fois inscrites sur le temps long et développant chez l'étudiant une maturité professionnelle supérieure. De plus en plus, les questions contenues dans les dossiers d'inscription invitent les candidats à mettre en avant leurs expériences, et bien évidemment leur corollaire : le ressenti et le retour d'expériences.  

Par ailleurs, et dans un souci de mettre en avant l'autonomie financière de certains profils, les jobs d'été et jobs étudiants peuvent être mis en avant. Ces expériences sont en effet valorisées car ils prouvent la capacité d'un étudiant à sacrifier son temps libre pour assurer son indépendance, mais aussi parfois à acquérir une expérience formatrice et enrichissante : cours particuliers, grande distribution, petite enfance, centre de loisirs, restauration... Contre toute attente, ce sont vos premières expériences qui souvent prouvent votre opiniâtreté et votre persévérance dans la poursuite, et surtout la concrétisation, de vos objectifs. 

Le dossier de candidature : place à la singularité 

Le dossier de candidature permet aussi de mettre en avant beaucoup d'expériences qui vous sont propres, et qui vous ont permis de développer de réelles aptitudes. On parle là de centres d'intérêts tels que la pratique d'un sport, notamment dans un club ou une association sportive incluant la participation à des événements et compétitions sportifs. Le sport, bien évidemment, tend à développer chez celui qui le pratique des valeurs telles que le respect de l'adversaire, l'esprit d'équipe, l'effort, le sacrifice et l'abnégation : les comparaisons avec le monde de l'entreprise ne manquent pas. Raison pour laquelle il est particulièrement judicieux de faire état de ses expériences sportives, si tant est qu'elles existent ! En effet, le mensonge ne doit jamais constituer une règle ou un axe d'argumentation, sous peine de prendre le risque de se faire rejeter sans ménagement d'un jury qui ne goûte guère ce type de stratégies. 

D'autre part, l'engagement en faveur d'une association constitue un marqueur incontestable qui démontre vos valeurs et votre capacité à vous investir sans retour pécuniaire et lucratif si ce n'est le don de soi. Cela peut représenter un engagement caritatif quotidien, hebdomadaire, ou même sous la forme d'événements annuels médiatiques. Attention là aussi à ne pas tricher et à ne pas s'inventer une participation fictive dans une association imaginaire ! Tout mensonge sera très sévèrement détesté par le jury. Les associations recoupent des thématiques très diverses : éducation, développement durable, soutien à l'égalité, à la diversité, le social, l'humanitaire et même le sport quand celui-ci constitue un outil d'intégration et de cohésion sociales.